Oyem, Années 90 : One, Sex !

Publié le par Nguema Ndong

Avertissement au lecteur: dans le souci de promouvoir les appellations d’origine des quartiers d’Oyem, je les ai orthographiées comme ils sont prononcés localement.

Lors d’un séjour à Port-Gentil, j’ai croisé Prince un ancien danseur d’Oyem des années 1990. Il fait partie de ces danseurs dont ceux qui étaient au faîte de l’actualité des concours de danse nous bassinaient les oreilles avec leur nom. Lorsque nous nous sommes rencontrés, il avoisinait les 40 ans, mais il avait toujours la souplesse et la justesse des mouvements. Cela corroborait les nombreux dithyrambes à son sujet que j’avais pu entendre jusqu’à ce moment. Au fil de la conversation, il a commencé à me raconter des anecdotes relatives au milieu de la danse à Oyem. Nous étions en train de fêter son retour à terre après 28 jours en mer, la lucidité prenait déjà le large et je n’avais pas de quoi noter. Comme je revenais sur Libreville le lendemain, on s’est donné rendez-vous pour mon prochain séjour à Port-Gentil et qu’à cette occasion, nous réaliserons un meilleur entretien. Je lui avais dit que l’évocation de tous ces souvenirs a suscité en moi une envie de rédiger un article consacré au milieu Oyemois de la danse de la décennie 1990. Malheureusement, je ne suis plus reparti à Port-Gentil et une fois à Libreville, au contact de mes vicissitudes quotidiennes, cette envie s’étiola.

Plus d’un an après la rencontre avec Prince, c’est-à-dire il y a quelques semaines, je partageai sur ma page Facebook la vidéo de Stevy B « Spring Love ». Dans le texte qui accompagna ladite vidéo, je présentai l’ambiance des soirées et l'allure des jeunes de ladite décennie quand cette chanson était nommée « L’hymne national ». Les interventions d’anciens danseurs ressuscitèrent l’envie que j’eus caressée à Port-Gentil.

La fièvre de la danse

Dans mon village, les deux principaux hobbies des jeunes à la fin des années 1980 et au début des années 1990 étaient le football et la danse. Les sobriquets tels que Dragan, Bossis, Canto (REP), Manga, Hammer, Primo Escobar (REP), Nick Kamen¸ Tony Michael, Eddy Jackson, Baresi, Oto Koré, Black Bizarre, Shabba, Bobby Brown (REP), etc. en témoignent. J’avais moins de dix ans que je rêvais déjà de trainer un jour avec ces aînés qui avaient acquis du succès grâce à la danse. Il était facile d’assister à leurs matches et entrainements de football qui se faisaient au sein de notre établissement scolaire. Quant à la danse, on avait parfois la chance d’assister à une répétition, mais cela n’était pas récurrent. Quelques petits chanceux avaient pu intégrer les groupes des aînés alors ils participaient aux concours de danse à leurs côtés. Ils venaient chaque lundi, durant toute la récréation, nous faire le récit de ces évènements. Nous les écoutions émerveillés en fantasmant à une éventuelle participation à un de ces concours.

Cette fièvre de la danse n’était pas l’apanage des jeunes de Mbwéma, mais une fièvre répandue à l’ensemble des jeunes de la Commune Oyem. Dans chaque quartier, on trouvait des groupes. Les danses aux goûts des jeunes étaient les Zaïko, la Michael Jackson, la robotique (cassé), le Speed (style Mc Hammer), le Vodu, le Smurf, le Jazz, etc. La reine des danses était la classique, cette sublime danse malheureusement passée de mode. Elle est actuellement pratiquée que par de rares geignards de cette époque ou par des jeunes de mauvais aloi, car elle est malheureusement devenue la compagne des mauvais garçons.

Ceux qui ont fait vivre la danse a Oyem

Le lieu par excellence où les danseurs s’exprimaient était le C.C.O. (Centre Communautaire d’Oyem). Une fois que le clergé Protestant décida de l’arrêt des manifestations non chrétiennes au sein de ce lieu, ce fut le Cinéma Le Woleu qui en assuma le rôle. Mais à la fin de la décennie, le tour revient au Gymnase de Marie Dominique (propriété de l’Église Catholique). Toutefois, il arrivait qu’un concours soit organisé au sein d’un lycée, à la Maison du Parti, dans une concession privée, dans une boîte de nuit, au Centre Don Bosco

La majorité des jeunes voulait danser la classique qui était en vogue, mais d’autres styles étaient aussi pratiqués. N’étant pas un expert en la matière, je me suis contenté des appellations que j’ai recueillies.

Le Smurf et le Break

Dans les années 1990, ces deux styles n’étaient pas de mode. Leurs pratiquants se ne comptaient pas par dizaine.

  • Man Kelly

Il était à la fois danseur, chanteur, multi-instrumentaliste, sculpteur et j’en passe. Il a été marqué par James Brown mais aussi par Jimmy Ondo. En 1991, il aurait gagné un concours de rap national avec son « Dizo Rap » orchestré avec des instruments locaux. Il avait aussi cette particularité de ne s’exprimer à la télévision qu’en langue Fang ce qui n’a fait que renforcer son mythe.

C’était aussi un excellent danseur de Breaf et de Smurf. Je l’ai vu faire des figures acrobatiques sur du goudron. Parmi ses danseurs les plus fidèles, il y avait Turbo (qui a chanté Ngom Nkane repris par Quentin Minko sous le titre Nkom ngane) et Bamboula Bikok Zolo (REP). Un de mes grands frères Prince a.k.a Alain Jackson (REP) avait aussi trainé avec lui. Man Kelly est mort en 2013 sans être reconnu à sa juste valeur (REP).

  • Fiston

C’était l’un des rares qui dansaient du break à l’époque. Mais face au peu d’engouement que suscitait ce style, il a versé dans les Zaïkos et en devint l’un des meilleurs danseurs de la ville. À cette époque, on estimait qu’il était le « gars le plus frais » d’Oyem c’est-à-dire celui qui a plus de classe dans le domaine vestimentaire. Cela lui conférait indubitablement un harem bien garni car il incarnait Djo Balard, Papa Wemba, Aurlus Mabele, Kanda Bongo Man et tous les autres.

La Michael Jackson

Les fans de MJ étaient au pinacle de leur joie lorsqu’ils virent de visu leur idole à Oyem en février 1992. C’est à ce moment qu’un de mes frères tenta de m’initier à son style de danse (sans grand succès d’ailleurs). Je ne parlerai que des danseurs de Mbwéma concernant ce style, car son règne n’a pas fait long durant cette décennie.

  • Tony Michael

Il a été pendant longtemps l'un des meilleurs danseurs de MJ d’Oyem. Il fut également à plusieurs reprises champion provincial en solo et avec son groupe. Je me souviens que nous nous précipitions chez lui afin de regarder comment il répétait pendant la récréation de 16 heures. Son domicile était contigu à notre établissement scolaire.

  • Eddy Jackson

Un autre de mes aînés qui avait une corpulence à la MJ. Bien qu’originaire du même quartier que Tony Michael (Mbwéma), Eddy Jackson était l’un de ses rivaux.

  • Francky Jackson a.k.a The Marcky et As Doy

Deux danseurs de ma génération. Fancky avait été initié par Tony puis par Eddy Jackson. Il dansait souvent avec ses deux mentors et cela lui avait causé quelques petits soucis. Quant à As Doy, il avait été formé par Eddy Jackson. Les deux jeunes danseurs firent quelques prestations ensemble. À l’époque, on racontait une histoire cocasse sur eux qui, lors d’une prestation au C.C.O., auraient arrêté de danser pour se jeter sur l’argent que les spectateurs leur balançaient en guise d’encouragements.

Le Speed & la Hammer

MJ était le champion incontesté dans le cœur des danseurs à la fin de la décennie 1980 à Oyem. Puis, MC Hammer arriva d’Oakland en Californie avec son énergie débordante. Son style était plus rapide, on parlera alors du Speed. Cette arrivée suscita un clash entre les fans des deux stars américaines. J’ai encore en mémoire ce match de football dans mon village opposant les fans de MJ à ceux du MC Hammer.

  • Hammer

Originaire de Mbwéma, Hammer avait un style vestimentaire identique à celui du MC californien. Il a fait quelques prestations au C.C.O.

  • Doy

C’était un danseur de Keng-Akoa qui parfois trainait avec les danseurs de Mbwéma. Il avait un style assez original. Il faisait un mix de la classique, le speed et un peu de Smurf. Doy nous a quittés il y a presque 20 ans aujourd’hui (REP).

  • Snap (Nkoa)

Danseur originaire de la Vallée, il avait un franc succès auprès de tous ceux qui allaient au C.C.O. Quand il passait devant chez nous pour aller à son collège, ceux qui le connaissaient nous le montraient du doigt. Non seulement il dansait le Speed, il était aussi un danseur de Michael Jackson.

  • Crazy Boys

Groupe originaire de Mbwéma ou BC (Bataillon Civil). Il a été formé au début des années 1990. Il excellait principalement dans le speed avec un zeste de classique. Les membres fondateurs étaient Primo Escobar (REP), Well’s à l’époque on l’appelait Leader, Ben Marlo et Tesbar. C’est aux dernières heures du groupe vers 1992 que Dragan l’intègra. Ce groupe est sans conteste le meilleur qui est venu de ce quartier, car après sa disparition aucun autre groupe originaire de Mbwéma n’aurait autant de succès dans la ville.

Le football va prendre le dessus sur la danse et la grande partie des membres vont s’y focaliser. Les autres ne dansant que de façon sporadique. Quant à Primo Escobar, il se focalisa sur l’Elone (devenant un des joueurs de tambours du groupe Les Loubars En Danger de Zang-Angué) et sur le Mekôm (il était le joueur de tamtam du groupe Extra Danse de Mbwéma).

  • Les Mauvais Esprit De Boston City

Inspiré du célèbre groupe de Derrière La Prison de Libreville, ce groupe formé au quartier Eyenassi-Keng-Akoa était composé de Boby a.k.a Abia’a, Lee Major et bien d’autres membres.

  • Stars Boys

C’était un groupe issu du quartier Peloton même si quelques membres venaient d’autres quartiers. Le groupe aurait évolué entre 1990 et 1992. Il fut champion du Woleu-Ntem. Ce groupe était composé de Dep’s (c’était aussi un redoutable danseur de Smurf. Il avait affronté en duel en 1993 à Bitam Pépé "El Diablo" Eli qui était le champion provincial en la matière), Oro, Hammer Dercy, Jessy Effayong, Tata Sergio, Joe la Clope (Mbwéma), Damien (Mbwéma), Man Djouz (Tougou-Tougou).

  • Flash Boys

Le groupe était basé au Mont-Miyelé. Il a été créé en 1993. Je n’ai pas pu avoir l’année de leur séparation. Les membres qui le constituaient étaient : Fox, Ice Kiss, Müller (REP), John Cruise.

  • Public Enemy d’Adzougou

Groupe originaire d’Adzougou comme son nom l’indique. Ce nom fut inspiré par le succès qu’a connu le groupe new-yorkais à cette époque. Snap Nkoa faisait partie des membres de ce groupe.

  • Les Sex-Machine du Koweït

Après l’invasion du Koweït en 1991 par l’Irak, les jeunes d’Adzougou ont décidé de donner ce nom à leur quartier. C’est aussi à ce moment que le groupe fut fondé, selon la légende, par John Murphy qui en était le chorégraphe et manager. Bien que dansant essentiellement le Speed, ils dansaient aussi la Classique. Les premiers membres étaient : G Man, Petit Power, Lotus, Shino, Bossal, Ewing, Colon, Petit Mino (malgré son boitillement, il arrivait à bien danser. REP), Jovani… De temps en temps, Prince intégrait le groupe. À un moment, ils ont intégré des filles au sein de leur groupe et la plus célèbre d’entre elles s’appelait Zita.

Ce groupe a continué jusque dans les années 2000, il y a eu une relève qui a su représenter les prédécesseurs. Cette génération était menée par Ewing qui en devint le chorégraphe encadrant les Big Joe, Snap, Power, Hammer, Cedo Bango, Nansky, Biviny et Off.

  • Zouk Machine

C’était un groupe de danse formé uniquement de filles comme le groupe antillais dont elles empruntèrent le nom. Ce groupe était originaire du quartier Monaco.

  • Le Clan des Siciliens

Ce groupe fut fondé en 1993 au quartier Minka-Nfoua. Il n’a mis qu’un an, car ils se sont séparés en 1994. Certains membres vont devenir rappeurs par la suite en gardant le nom du groupe. Les membres dudit groupe étaient : Mike Springer (Methuigne), Ledoux (qui devient par la suite rappeur aux côtés de Keurtyce Essamkwass au sein du groupe les DOUKEURS), Verdaly a.k.a Verdo (il arrêta la danse pour être animateur-radio et joueur de Nku’u au sein du célèbre groupe de danse traditionnelle Aloumbe Dê), Jovy, Bensy, Salvo et Axe (lui aussi devint rappeur et son groupe se nommait Clan des Siciliens).

La classique

Comme je l’ai susmentionné, la classique était la reine des danses. Il se décomposait en trois variantes qui sont le Toogie-Boogie (il se danse avec les poings fermés), le Narré-Narré (axé sur le mouvement des épaules), le Sex Be ou Sexy Dzouz (le mouvement se fait plus au niveau du bassin).

Les danseurs en solo

Il y avait des danseurs qui évoluaient au sein de groupes, mais aussi en solo. C’est la raison pour laquelle certains noms apparaissent dans les groupes et dans les danseurs solos.

  • Lansky Nvong Bot

Résident à la zone dite Derrière Chez Le Gouverneur, Lansky est sans doute celui qui a le plus marqué le monde de la danse durant cette décennie. À Oyem, à cette époque il en était la star incontestée. Il avait su créer plusieurs mythes autour de sa personne. Il était considéré comme le plus "frais de la ville", on disait qu’il avait un pouvoir mystique qui lui épargnait la prison malgré ses nombreux démêlés avec les autorités. On disait qu’il ne voyageait jamais en voiture, car Lansky prenait toujours l’avion pour ses séjours à Libreville malgré le coût prohibitif du billet d’avion à l’époque. Il était considéré comme le plus grand tombeur de la ville. Nombreuses sont ces demoiselles qui auraient partagé sa couche.

Quant à la danse, il excellait dans le Toogie Boogie. Toujours muni de son mouchoir blanc. Il savait captiver l'attention du public et ce qui fit pendant des années son succès auprès des aficionados de la danse. Sa principale force était ce côté show-man qu’il a su développer. Le public était sous le charme de son style de empreint de jactance. Pour beaucoup, il faisait partie de l’Olympe des danseurs d’Oyem.

Malheureusement, son penchant pour l'illicite avait pris le dessus sur son talent de danseur et c’est ainsi qu’il fut tué par les forces de l’ordre qui étaient venues pour l’arrêter. Pour certains, c’était le bureau local du B2 qui mena l’opération, mais pour d’autres, c’étaient les agents de la PJ qui étaient à ses trousses depuis Libreville où il aurait commis un forfait. Le jour de sa mort, la rumeur s’est répandue comme une trainée de poudre et en quelques minutes, l’hôpital provincial où son corps était exposé était noir de monde. Nous étions en 1997 et jusqu’aujourd’hui, le mythe Lansky Nvong Bot ne s’est pas encore estompé de l’inconscient de beaucoup (REP).

  • G Man

Il était membre du groupe Sex Machine du Koweït, car il résidait à Adzougou. Il dansait aussi en individuel. Avec Lansky, ils étaient considérés comme les deux meilleurs danseurs d’Oyem à leur époque. Comme son rival, il dansait le Toogie Boogie. Mais de l’avis des experts, il était bien meilleur danseur que Lansky, car il avait la possibilité de danser sur une chanson de plus 5 minutes sans répéter le moindre pas ce qui était un exploit. Son défaut, c’était qu’il n’avait pas ce côté Show-man de Nvong Bot qui permettait de rendre la foule extatique.

Le destin de G Man et celui de son rival étaient vraiment semblables. Selon certains proches, il est décédé des suites d’une maladie. Il aurait passé plusieurs années en prisons suite à une rixe qui a causé la mort à un adversaire (REP).

  • Prince

Il était à cheval entre Libreville et Oyem. Il a passé son enfance à Dragon à Libreville où il a appris à danser. Il arriva à Oyem dans les années 1990 et résidait à Nkomayat. C’était un danseur solo qui évoluait avec les danseurs de Nkomayat ou avec ceux du Koweït. Ce va-et-vient avait d’ailleurs causé une confusion lors d’un concours de danse au Cinéma Le Woleu. Il avait monté un ballet avec les Sex-Machine puis le même ballet il alla le monter avec d’autres danseurs à Nkomayat. Lors d’un concours de danse, Prince monta sur scène avec ses amis de Nkomayat et les Sex-machine se rendirent compte que le ballet exécuté était celui qu’ils avaient prévu présenter. Cela n’a pas du tout plu à John Murphy qui le lui fit savoir séance tenante de façon coercitive (je passe les détails de cette punition, mais les témoins de la scène vous diront que ce fut violent). La soirée s’est terminée en pugilat général, les machettes et les chaînes étaient sorties.

  • Les danseurs de classique solo en vrac

A côté de ceux que j’ai cités précédemment, il y a également ceux qui ont aussi marqué la classique à Oyem tels que : J. Bees de Vallée que j’ai connu, car il fut résident un moment dans mon village ; De Lunes ; Power de Methuigne ; John Ceber de Methuigne ; Habib accompagné de Scorpi ou Scorpion et Krash dit Badja Karboni tous issus du Rond-Point Mimbang ; Angelo de la Vallée (REP) ; Shagaï et son frère Ali du Rond-Point Mimbang ; Dante Capello a.k.a L’Egnar Me bê qui devint après la mort de Lansky le plus "frais de la ville" et l’un des danseurs les plus populaires grâce à son style Sex B ; Flash du Rond-Point-Mimbang était à la fin des annés 1990 l’un des meilleurs danseurs d’Oyem grâce notamment à son jeu de jambes impressionnant ; Mouketou Spider (il a été formé par Lansky Nvong Bot, Loupano,… et pour finir par Bad Spirit de Derrière la Prison à Libreville) ; Snap et Vieux Lion (REP) du DH ; Le Waze des mases, Bamboula Bikock Zolo, Billy Boy, Lupano

Les groupes de classique

À la différence du rap, dans la danse, l’esprit grégaire prédomine. Les groupes de danses sont encore légion de nos jours. Parmi les groupes qui ont marqué la décennie, je citerai entre autres :

  • Morden and Flash

L’un des premiers groupes de classique d’Oyem, il a été formé dans les années 1980 et est originaire d’Akoakam. Parmi les membres fondateurs, on a Mino et Fisher ensuite se sont ajoutés Morten, Sorcorpion, Akenan, Hagler, Biz, Spike Lee… Ils ont formé une relève dont les plus influents sont Billy Boy (un véritable show-man qui a su garder son style durant des années. Je me souviens d'un spectacle en sa compagnie à Bitam en 2003. REP) et Lupano (qui fut un moment danseur pour Arnold Djoud).

  • Les Nasty Boys de la Vallée

La formation originelle date de 1994 et les meneurs étaient Ondock’s et Assek’. Quelles années après, une nouvelle génération prit la relève menée par T-1000 et Gubber accompagnés de Joe, Story… Un proche Extraterrestre dit Extra (il fut danseur d’Arnold Djoud. REP) avait dansé dans ce groupe lorsqu’il résidait à la Vallée.

  • Sex B

C’était un groupe formé de deux danseurs à savoir John Bron lui aussi fut résident dans mon quartier (il devint professeur de philosophie et mourut en 2014. REP) et Gina Capwell. Il faut noter que ces deux danseurs évoluaient aussi en solo et pour des raisons de concours se retrouvaient en duo.

  • Les Evadés de Prison de Santa Barbara

Ce groupe avait la particularité d'être vêtu en treillis militaires et muni d’armes à feu, comme le S1W du groupe de rap américain Public Enemy, à chacune de leur prestation. Selon ce que m’a expliqué un des membres, les armes et la tenue militaires représentaient le pouvoir qu’ils avaient arraché aux gardiens lors de leur évasion. Le groupe était mené par Ham’s des Blasta Loulou (REP) avec Olvèse, Snap The P The Pow et Mike Springer.

Snap The P avait formé, auparavant, un groupe avec Johny Bingoums (Monaco). Mais lors d’une représentation au Cinéma Le Woleu, alors qu’ils rataient sans cesse leur ballet, une violente dispute entre les deux s’était déclenchée sur scène et ce fut la fin du groupe. Quant à son association avec Mike Springer, elle a pris fin lors d’un duel dans un ring à Minka-Nfoua afin de déterminer qui des deux était le meilleur. Pendant que le Clash battait son plein, la petite amie de Mike de l’époque (qui est actuellement chanteuse) fit une intrusion dans le ring en l’embrassant en pleine bouche. Cela sonna le glas de la joute et de leur collaboration.

  • Le DH2

Un collectif de danseurs du quartier Derrière l’Hôpital avec Pyper, Harper, Djouzeur, Slech Hammer, Spike Lover.

  • LTB

Les membres du DH2 vont créer ce groupe après le départ de Djouzeur et Spiker Lover. Ledit groupe se sera donc composé de Pyper, Slech et d’Harper.

  • Bad Boys

Groupe originaire du quartier Derrière l’Hôpital. Il était composé de trois membres à savoir Angelo, Cerveau et Bloky. C’est un groupe qui a évolué à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

  • CIA de la Boston

Groupe formé de Snap dit Ebaneth, Mike Springer et Harper. Ils dansaient le speed et la classique.

  • Colon Machine

Groupe formé par Dante Capello, Mike Springer et Snate Boy. Ce groupe voit le jour en 1997.

  • Décalage

Duo formé de Petit Lansky et Loubard.

  • Les Vraies gens de Bringham

Groupe originaire d’Akoakam dont le leader était Dems.

Ainsi était la danse à oyem durant la décennie 1990

15ans après la chute de la classique de son trône au détriment de nouvelles danses, ses acteurs bénéficient encore d’une relative notoriété auprès de ceux qui s’intéressent à la danse à Oyem. Ces jeunes ont, durant toute une décennie, maintenu le mouvement de la danse dans cette ville en suscitant des vocations chez leurs cadets (c’est peut-être parce que j’ai vu Dragan dansé en 1991 à l’anniversaire de mon neveu que j’ai voulu être artiste). Ils ont donné du plaisir à ceux qui assistaient à leurs concours. Ils ont diverti une jeunesse dans une ville où les activités ludiques étaient rares. Nous ne pouvons que leur dire merci pour ces moments divertissants.

Si de nombreux danseurs ont mal tourné et que d'autres se sont fait tuer, cela n’est pas le cas d'une bonne majorité. La violence n’est pas un fait inhérent à la danse, chaque individu est maître de ses turpitudes. En toute chose, il y a du bon et du mauvais. Lorsqu’on apprend que tel est devenu avocat, on apprend qu’untel est en cavale. Ces quelques lignes ne seront pas le lieu où je ferai le procès de quiconque, mais plutôt la tribune où je rends hommage à tous ces danseurs qui ont donné des couleurs à Oyem. Dommage que certains soient partis trop tôt soit à cause de la concupiscence qui aurait corrompu leur conscience soit à cause d’une maladie ou un accident. Qu’importe l’origine de leur mort, je leur dis : "REP" ou "Reposez En Paix". Je n’irai jamais cracher sur leur tombe.

Il y a plus de héros dans l’ombre que dans la lumière a dit Alain Mabanckou. De très bons danseurs firent leurs armes à Oyem durant cette décennie, mais ils n’ont pas acquis la notoriété de ceux que j’ai cités dans cette publication. Avec le temps, je réaliserais peut-être un travail mieux élaboré et qui pourrait prendre en compte un nombre plus important d’acteurs. Qui sait, ce sera peut-être un livre. Ce qu’il faut retenir, c’est que nous ne sommes qu’au prologue de cette histoire. Comme chantait Barry White, Let’s The Music Play

PS : Je remercie particulièrement certains danseurs pour leur contribution à cette publication. Sans leurs informations, elle n’existerait pas. Aussi, certaines informations ne sont peut-être pas exactes, veuillez s’il vous plait laisser un commentaire afin de contribuer à la recherche.

Publié dans Oyem

Commenter cet article

Medza 27/03/2016 01:40

Bonjour vraiment ca ft fu boum au coeur de lire cette histoire que j'ai bien vécu ds ma genèse et surtout félicitations

gildas nnguema ndong 31/12/2015 08:09

Vraiment je te remercie d avoir su concerve l histoire f oyem c est cool un travail propre on l imprime quand?on attend la deuxiem version pour les rapeurs d oyem

Nguema Ndong 31/12/2015 09:17

Bonjour Skalper, Merci pour tes encouragements. Pour l'impression, on verra si cela peut se faire un jour pour le moment on se contente de la version web 2.0 Kiakia!
Quant à l'histoire du rap à Oyem, je vais faire un article dessus. Je suis en train de collecter des infos. Tu seras même sollicité à l'occasion.

Allez, meilleurs voeux pour l'an 2016. Peace Essa

Nguema Ndong 19/03/2015 19:59

Bonjour Eddy, merci pour tes remarques. J'en prends bonne note. Comme je le dis à la fin de l'article, il se peut que cet article fasse l'objet d'un travail mieux élaboré dans les prochains jours.

Eddy -Stan Engonga 12/03/2015 20:35

Tu pouvais aussi ressortir la dernière petite rivalité de notre génération qu'on a connu entre Harper et Dan T kop, aussi dans la danse que l'habillement. J'avoue que pour notre génération c'est la dernière grande rivalité qu'on a connu.

Eddy -Stan Engonga 12/03/2015 20:31

J'aurai aimé que tu rajoutes à Lansky le sobriquet de "Eboro kongo" ou "Eboro bateau". Car il appréciait bien qu'on l'appelle comme à l'époque. Dante kop aussi aimait bien "Assong T Kop"