98-2005, Oye represent !

Publié le par Nguema Ndong

 Bref récit de l’histoire du rap d’Oyem à travers le prisme de mes expériences.

Centre des jeunes Marie Dominique d'Oyem (en 2013)

Centre des jeunes Marie Dominique d'Oyem (en 2013)

« La conscience est un trait d'union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir. »

Bergson

 

Nous sommes en 1998, le rap s’écrit avec le w du Wu-Tang Clan. Nombreux sont ceux qui n’ont d’oreilles que pour le clan new-yorkais. À Libreville, Syapossi X est au climax de son succès et Kage Pro vient de sortir la compilation de rap Bantou Mix. Le rap est partout à la radio, à la télévision… aucun concert ne s'organise sans que soit associé un artiste de rap. Oyem n’est pas épargné par cette fièvre "rappologique". Les groupes et les rappeurs solos font florès dans la ville. Lors de soirées culturelles, la fameuse "imitation star" -ce qui consiste à faire un play-back d’une chanson connue- est remplacée par l’interprétation de créations personnelles. La plupart des rappeurs utilisent des supports musicaux (instrumentaux) empruntés à des artistes internationaux particulièrement aux Américains. D’autres par contre ont la chance de confectionner leurs musiques avec des synthétiseurs. Beaucoup de danseurs et des basketteurs veulent maintenant devenir des rappeurs. Le Baggy a remplacé le célèbre Levi’s Strauss 501 "sérezo", les jeunes de la ville revêtent petit à petit les oripeaux de cette musique qui a toujours une image voyoute dans l’inconscient archaïque.

C’est au cours de cette année que je commence à faire du rap et que je commence également à m’intéresser à la scène locale. Au fil des années (sept ans), je vais donc côtoyer plusieurs rappeurs en tant que "collègue", mais aussi comme consultant à des émissions de rap à  Radio 9. Ces rappeurs sont devenus pour certains des acteurs majeurs de la scène "rappologique" nationale. Le noyau dur de mes connaissances dans le monde du rap se forme à cette époque. Je n’étais pas à la naissance de cette scène, j’ai pris le train en marche. Néanmoins, j’ai pu vivre ses plus grandes mutations. Aujourd’hui, je me propose de faire un bref récit de son histoire à travers mes lunettes et des témoignages que j’ai pu recueillir. Ce récit aura donc un zeste de subjectivité consubstantiel à mes rapports interpersonnels. Certaines omissions peuvent être constatées, cela ne dénote pas un dessein de réécriture de l’histoire -je ne suis pas un adepte de l’uchronie même s’il m’arrive de penser comme Alexandre Dumas : « on peut violer l’histoire pourvu qu’on lui fasse de beaux enfants »-, mais l'insuffisance des informations recueillies.  

Toute chose est un effet de cause qu’il faut rechercher. Deux faits peuvent être évoqués lorsque l’on veut rechercher les origines de la fièvre du rap qui va toucher Oyem dès 1998. Il s’agit de la diffusion gratuite à partir de 1996  de la chaîne musicale MCM sur toute l’étendue de la commune d’Oyem et de la deuxième élection présidentielle (1998) depuis le retour au multipartisme en 1990 au Gabon. 

La diffusion dans la commune d’Oyem de la chaîne MCM

 

Dès 1996, sur toute l’étendue de la commune d’Oyem était diffusée gratuitement la chaîne musicale MCM. Cela va être une nouvelle source d’information musicale pour les habitants de la ville. Pendant longtemps, les seules sources d’information étaient les chaînes nationales et Africa Numéro 1, sauf pour les rares privilégiés qui avaient accès aux chaînes câblées. Les jeunes d’Oyem avaient maintenant la possibilité d’être au fait de l’actualité musicale. Ils pouvaient s’imprégner de ce qui se faisait ailleurs. Cette chaîne va devenir en quelque sorte le bréviaire de tous les passionnés de rap. Pour ma part, c'est à cette époque que je vais découvrir Nas (If i Rule The world), NTM, Doc Gynéco, Tupac, XZBIT…

Pour beaucoup d’observateurs, cette tranche de l’histoire (milieu et fin des années 1990) correspond à l’âge d’or du rap. Sur MCM, c’est la musique la plus diffusée ce qui correspond à leur réalité quotidienne, car que ce soit en boîte ou à la radio le rap est prépondérant. En somme, le rap est à la mode. La plupart des jeunes aspirent alors à devenir rappeur, car faire du rap, c’est "être cool" et les jeunes de la plupart des capitales africaines s’approprient de plus en plus ce genre musical. Cet effet de mode va susciter de l’émulation chez les jeunes oyemois qui sera plus assimilable à du mimétisme qu’à un quelconque choix mû par une réelle vocation. Toutefois, certains vont coupler ce hobby à des convictions quand d’autres vont disparaître avec la mode d’être rappeur.

L’élection présidentielle de 1998 au Gabon  

 

L’élection présidentielle de 1993 a été suivie de troubles sociaux qui ont considérablement affecté le cours de l’année scolaire. Pour parer à d’autres troubles sociaux, à la veille de la nouvelle élection, beaucoup de parents vont envoyer leurs enfants apprendre en province où les effets de la contestation postélectorale sont censés être moins importants. Néanmoins, l’onde-choc des troubles sociaux déclenchés à Libreville touchera la majeure partie du pays. C’est sous cette atmosphère électrique inhérente à la période postélectorale qu’en 1999, un regroupement de l’USAP (Union des Syndicats de l'Administration Publique menée par Christiane Bitouga) qui devait se fait au niveau de la place des fêtes d’Oyem sera réprimé par les militaires ce qui suscitera le courroux des jeunes de la ville provocant des échauffourées. Ce soir-là se tenait au centre Don-Bosco une soirée culturelle. En y allant, nous étions tous sous la crainte de voir débarquer un convoi de militaires. Alors, une simple bagarre entre trois énergumènes sera interprétée comme une descente de l’armée, ce qui déclenchera une débandade.

L’année scolaire 1998-1999 est donc l’occasion pour beaucoup de jeunes d’être envoyés à Oyem afin d'y apprendre. Cette année, nombreux sont ces librevillois qui arrivent avec leur passion du rap, leurs cassettes et leurs vieux numéros du magazine Radikal ou du Groove Magazine. Durant cette année scolaire, je partage le même banc avec un camarade nommé Aston qui fait partie de cette vague de librevillois. À ses côtés, je vais me faire une culture plus approfondie du rap français et américain grâce aux nombreuses cassettes que je lui emprunte. La majorité de ceux qui vont insuffler du dynamisme au rap d’Oyem reviendra de Libreville même s’il existait une scène locale bien avant. On constatera qu’après cette année scolaire, beaucoup de ces jeunes rappeurs et non rappeur de cette vague vont retourner à Libreville, mais cela ne va pas altérer le dynamisme du rap oyemois, car la fusée avait déjà été lancée.

D’autres causes peuvent être énoncées lorsque l’on veut parler de l’origine de l’ébullition "rappologique" que connaîtra Oyem dès 1998. Pour ma part, celles-ci me paraissent plus pertinentes et cela n’est qu’un point de vue personnel (au risque de me répéter).

Le mouvement "rappologique" d’Oyem à cette époque

 

En 1998, les rappeurs d’Oyem avaient deux principales scènes d’expression, il s’agissait du Gymnase du centre des jeunes Marie-Dominique et de celui du centre Don Bosco. Ils avaient aussi la possibilité de prester au Cinéma Le Woleu, à La Maison Du Parti (siège local du Parti Démocratique Gabonais) et lors des fêtes scolaires (collèges et lycées). Il arrivait également qu'un concert soit organisé au niveau de la place des fêtes ou en boîte de nuit notamment à Oba Night-Club qui était devenu la boîte de nuit la plus prisée par les jeunes de la ville. Le DJ Hamed, l'un des acteurs majeurs de ce mouvement, officiait au sein de cette boîte et il y diffusait de temps en temps des morceaux locaux. Il fait partie de ceux qui vont faire les enregistrements des premières démos des rappeurs locaux.

Les studios d’enregistrement n’existant pas à Oyem à cette époque, pour faire sa démo, les rappeurs avaient recours à des DJ de boîte de nuit et à des disquaires. Le premier à faire les enregistrements des démos pour les rappeurs locaux sur cassette chromée était Charly ( il est actuellement propriétaire du magasin Electro+ à Oyem). Il le faisait dans son magasin de disques. À l’époque, le prix d’un enregistrement était de cinq mille francs CFA. Il fallait être prêt lorsque l’on y allait, car la prise de voix se faisait d’un jet. Par la suite, le DJ Hamed va aussi commencer à faire des enregistrements au niveau d’Oba Night-Club. Ces enregistrements se faisaient dans la cabine de DJ. Après la fermeture de cette boîte, il va continuer les enregistrements chez lui avant d’ouvrir un vrai studio plusieurs années après (années 2010) qu'il va fusionner au Studio 701 de Mister Flo. Quant aux supports musicaux, il y a des compositions personnelles qui côtoyaient des instrumentaux de stars américaines et européennes.

La maîtrise de l’outil informatique n’étant pas vulgarisée comme aujourd’hui associé à cela le manque de studio d’enregistrement, il était impossible de se faire confectionner un instrumental personnel digne de ce nom sur place. Les rares bénéficiaires de ce privilège allaient le faire à Libreville. Sinon, la grande majorité utilisait des instrumentaux des chansons américaines. Par contre, d’autres rappeurs allaient composer leur musique chez des personnes qui avaient un synthétiseur. Parmi ces personnes qui confectionnaient les Beats des rappeurs, je citerai : Petit-Yves du côté de Marie-Dominique, Arnaud Eyagha, Moïse à Don-Bosco (il lui arrivait également d’accompagner les rappeurs sur scène)… Une fois que la chanson avait été enregistrée, il fallait maintenant la diffuser à la radio locale (Radio 9).

La Radio 9 a été l’un des principaux vecteurs de vulgarisation du rap local grâce à la mise en place de programmes spécialement dédiés à ce genre. Pendant plus d’une heure, les populations avaient la possibilité d’écouter le rap d’Oyem et parfois celui des rappeurs des autres villes de la province du Woleu-Ntem. Parmi les émissions qui vont promouvoir ce rap, je citerai particulièrement : Sono Sauvage de Ruffin alias Tupac qui était l’une des premières émissions à donner la parole aux rappeurs locaux ; Le Baromètre Local animé par Verdaly Nzue Ondo’Obiang et Message alias Nyandôm MC, cette émission donnait la possibilité aux auditeurs d’appeler et de faire un classement hebdomadaire des rappeurs locaux; Le Réveil Matinal animé par BïKoro, l’émission recevait quelques  fois des rappeurs afin de présenter leurs œuvres ; Immortal Hit présentée par My man Lennox Lord Hussein, cette émission était spécialisée dans le rap international, mais il arrivait qu’un rappeur local y soit invité... D’autres émissions viendront continuer cette mission.

L’année scolaire 1998-1999

Lorsque je commence à faire du rap et que je suis régulièrement présent aux soirées culturelles, les groupes et les individualités ci-dessous étaient en vogue.

 

  • Elik du Nord

 En 1998, c’était le groupe-vedette à Oyem, car ils avaient déjà écumé les scènes locales depuis quelques années. Ce groupe se constituait au départ de Tablito et Eya. Puis vint aux dernières heures du groupe, Mitch MC qui par ailleurs va continuer à faire vivre le groupe puis il va se lancer en solo (petit passage à Libreville au sein du collectif Funky Mvett Académie). Il va former un autre groupe avec le Capitaine Flow quelques années après (en registrant la chanson We Want Peace au Studio Kage en 2002).

Le groupe Elik va se faire connaître du public local grâce à la chanson « Mam y’assi me n’abé » qui était diffusée quotidiennement à la matinale de la Radio 9 animée par Bïkoro. Ils seront parmi les artistes locaux à prester aux côtés de Sya Po’ossi au cinéma LE Woleu en novembre 1998 (C.F. Keurtyce Essamkwass). Ce groupe a connu un succès local considérable. Toute personne ayant vécu à Oyem à cette époque a sans doute entendu parler de ce groupe qui malheureusement n’a pas pu faire un enregistrement dans des conditions optimales.

 

  • Mambalanga X (le MLX)

En 1999, au cours d’une séance de freestyle au Lycée RNB (Richard Nguema Bekale), la plupart des rappeurs en vogue de l’époque vont décider de créer un collectif qui regrouperait l’ensemble des groupes d’Oyem afin de bien organiser les choses.  Sur le coup, Pat Krack (d’Octagon Shock) va proposer le nom Mambalanga, Coby (CP1B) va ajouter le X et le logo sera dessiné par le DJ Hamed. Le nom du collectif était une espèce de mot-valise conçu à partir des termes mamba et langue. Quant au « a » ajouté à « langue », c’était juste une fantaisie afin de donner une résonance bantoue au nom. En somme, ce nom était censé symboliser la dextérité à manier les mots dont seraient dotés l’ensemble des membres du collectif. Cette idée sera propulsée à Radio 9 par Rufin alias 2Pac.

À la fin de l'année scolaire, le MLX va organiser un concert au niveau de la place des fêtes d’Oyem. Ce jour-là nombreux sont ceux qui vont prester et l’on verra des associations qui d’habitude ne se faisaient pas. Chacun ayant décidé de collaborer avec un rappeur d’un autre groupe. Cela contribuait à montrer l’esprit de fraternité dont se prévalait le collectif.

Comme membres du collectif, je citerai : CP1B ; Ndutwi Premier ; Génral B MC ; Ciquest alias Kamikaz (leader actuel du groupe Kifra-L) ; Zap & Scorpion (qui aurait pu créer un incident lors d’une prestation à la boîte de Nuit Mbatwa à Bitam en reprenant les paroles d’une des chansons de Lanslow Bidzofaza avec qui il avait collaboré quelques années avant lorsqu’il y résidait) ; Octagon Shock ; Axe Cage 4 ; Will Adzé ; Syndicat du crime (groupe formé par Don Tozzy et Kaz Bone alias K45 Bone) ; Brooklyn Mania (un groupe de ragamuffin composé de Rebel MC, Patra, Kewilla, Petit Stone…) ;  Extra (un ancien danseur qui va devenir rappeur REP)…

 

  • Général B MC

Quand il arrive à Oyem, il a déjà roulé sa bosse du côté de Libreville où il s’est perfectionné un style rap proche de celui de Busta Rhymes. Il avait cette faculté à débiter les mots avec une telle vitesse et une justesse impressionnantes. Chacune de ses prestations ne laissait personne insensible. Soit on aimait soit, on détestait, mais on donnait toujours son avis. Il va enregistrer une chanson chez le DJ Hamed qui sera diffusée sur Radio 9, Général Monte sur le Microphone. Le texte de cette chanson était en fang et en français. En 2000, il quitte Oyem pour Libreville. Actuellement, le Général B MC a choisi un autre sacerdoce, car il est devenu pasteur au sein de l’Eglise Evangélique du Gabon. 

 

  • CP1B (Colons en Patrouille numéro 1 des Bitchies)

C’était un collectif de rappeurs et d’amis qui avait été formé au Lycée Richard Nguema Bekale, en 1999, avant l’intégration d’éléments venus d’autres horizons. Ses différents membres étaient :

 

  • Cop Killa alias Angoshishi alias Relax B alias Mister Oye Bekale

 Il avait commencé à faire du rap à Libreville au sein du groupe Slum Dûm Klaan avant de se retrouver à Mitzic, ville d’où est originaire sa famille. Une fois son entrée en seconde acquise, et n’ayant pas de seconde au sein du collège local, il va être transféré au Lycée d’Oyem, en 1998. C’est donc lui qui va proposer au CP1B l'utilisation du slogan « A n’andê yoyah » emprunté à son groupe. Cet éloignement n'entrave pas son appartenance au Slum Dûm Klaan et il va même participer à la compilation LBV Underground sur le titre Champagne, en 2000 –malheureusement, il n’apparaît pas dans le clip-. À la suite d’une brouille avec ses compères de Libreville, il décide de se consacrer à sa nouvelle formation d’Oyem (en 2001). En 2002, lors d’un concert au stade d’Akoakam auquel le leader de son ancien groupe (Encha’a) participait et Cop killa, aux côtés de son nouveau groupe, en assurait la première partie. Encha'a va être copieusement éconduit, je dirai même qu’il fut rabroué, lorsqu’il tenta de venir le saluer.  

 

  • Keurtyce Essamkwass alias L’impertinent Nash Curtis

Il arrive à Oyem en 1995, juste après avoir commencé à rapper du côté de Libreville. Durant l’année scolaire 1996-1997, lors d’une soirée culturelle au Gymnase de Marie-Dominique, il fait la rencontre de Ledoux MC (actuellement leader des jeunes de l’Union Nationale) qui rappait déjà depuis quelques années. En janvier 1997, ils forment le groupe DouCur (Ledoux et Curtis) qui va glaner quelques trophées lors de différents concours de rap. Durant l’année scolaire 1997-1998, Ledoux MC quitte Oyem pour Libreville et Curtis (avant que l’orthographe ne change) se retrouve à rapper en solo. En novembre 1998, Sya Po’ossi fait escale à Oyem lors de sa tournée nationale, Stowell Dipakwet (manager du groupe) lui fait l’invitation à venir participer à l’enregistrement de la compilation La rue a une maison ce qui sera sa première expérience studio. Sur ladite compilation, il enregistre le morceau Qu’est-ce qu'on attend ? feat Ndjassi (membre du Sya Po’Osss). Malheureusement, la compilation ne sortira jamais. De retour de Libreville, il va donc être parmi les membres fondateurs du CP1B. Cette même année, il enregistre chez Charly le titre Pervers feat Coby sur une musique produite par Double Pee.  Durant l’année 1999-2000, il quitte Oyem pour Libreville avant de revenir en 2000-2001.

 

  • Ameha Kossi alias Coby Keats alias Rocket Belles Oreilles alias Emong Atsimane Mekâne Ya Me kiê m’Ekoane (l’enfant qui s’essuie le derrière avec les feuilles de bananier)

Coby commence à faire du rap, en 1997, alors qu’il est élève à Bitam. Il arrive à Oyem en 1997-1998. Puis en novembre 1998, il fait la connaissance de Curtis qui venait rendre visite au groupe Sya Po’Ossi X qui était logé chez les parents de Coby. Mais leur amitié, qui conduit à son intégration au sein du CP1B, va prendre forme lorsqu’ils se rencontrent à nouveau chez Charly et qu’ils feront un échange de cassettes de rap.

Durant les grandes vacances 1999 passées à Mvom’Ayop (village de sa mère), Coby va former le groupe Orphelins du Nord avec Keb (qui est son neveu) et Freddy ou Dy-fre alias Nice le Charmeur. Ils vont enregistrer le titre Beghe dzoghe utilisant le fond musical du morceau Paparazzi d’XZIBIT. Le refrain de cette chanson, « Yeme dzô, yeme dzô, yeme dzô… Dzoghe ! Ngue m’eyem nâ egno b’ana ! Ngue m’eyem egnô b’ana » sera repris en chœur lors de plusieurs concerts. Quelques semaines après la formation du groupe, ils vont gagner un concours de rap organisé lors de la tournée de promotion de la compilation Bantou Mix. Le premier prix était l’enregistrement d’un single au Studio Kage de Libreville, ce qui ne se fera jamais. En 2000, Keb quitte Oyem et Coby va se concentrer sur sa nouvelle formation. En 2001, le groupe se disloque.

 

  • Prince

Prince était parmi ceux qui rappaient le plus au sein du groupe. Il avait commencé à faire du rap à Libreville avant de se retrouver à Oyem en 1998. Après la dissolution du collectif, il va rapper un temps avec Nanou et parfois en solo. Malheureusement, il meurt des suites d’une maladie en 2000, REP.

 

  • Nanou alias Minerve la rage

Elle commence à faire du rap vers 1997, elle se fait connaître comme la seule fille du CP1B. À cette époque, les rappeuses étaient rares dans la ville, en voir une, c’était un fait exceptionnel. Après cette expérience, elle va faire quelques apparitions en solo avant de former aux côtés de Lanslow et Big Seven Seth (deux rappeurs nouvellement arrivés à Oyem) le groupe La 3ème  Dimension (2001).

 

  • Tony Montana de Lawerta alias le rescapé de la One Capo

Montana de Lawerta arrive à Oyem en 1998. Il est inscrit au lycée Richard Nguema Bekale où il va retrouver un ancien pote du Lycée de Nzeng-Ayong (Libreville) en la personne de Cop Killa. Comme l’ensemble des jeunes de cette époque, il s’essaie au rap qui n’est qu’un simple délire à ses yeux. Pour lui, la priorité est d’avoir les vêtements et les chaussures à la mode. À cette époque, il veut être le fringant Montana, être "le gars le plus frais de la ville". C’est lui qui me fait connaître l’ensemble des membres du CP1B, car lui et moi sommes du même village (Montana est le petit frère de mon père).

Se plaignant de ne pas avoir la même présence sur scène que Coby, Curtis, Cop Killa, Nanou et Prince. Tony Montana et Billy décident de quitter le CP1B et ils vont former le groupe Armageddon Système ou simplement Armageddon. Ils seront rejoints quelque temps après par Tupac (rappeur habitant le quartier Adjougou). Ensemble, ils vont écrire la chanson Zion (Adzô Bang an’abé). Billy va quitter Oyem et Montana va s’embrouiller avec Tupac. . Ces différents évènements contraignent Montana à reformer le groupe aux côtés de L’As Damone (il était plutôt toaster et il ne faisait qu’en Fang) et bien d’autres éléments. En 2002, Montana va faire le beat de la chanson Zion au Studio Kage de Libreville. Malheureusement, la chanson ne sera pas enregistrée. En 2003, il quitte Oyem.

 

  • Billy Billaï alias Soldat Nvong Oyane alias Billy la chicotte, la jambe la plus rapide d’Oyem

Lorsque Montana arrive à Oyem, en 1998, il trouve Billy qui a déjà une bonne connaissance de la ville. Il devient en quelque sorte celui qui va le guider (Billy est l’enfant d’une de mes grandes sœurs). C’est à cette période qu’il commence aussi à faire du rap. Il est membre de l’ombre du CP1B, car il monte rarement sur scène pour rapper sauf quand il faut rejoindre les autres à la fin d’une prestation, chose que j’ai d’ailleurs faite à plusieurs reprises à leurs côtés.

À la suite de la brouille que j’évoquais plus haut en parlant de Tony Montana, Billy devint alors membre d’Armageddon. C’est lui qui trouve notamment le nom du groupe. Il quitte Oyem pour  Libreville, en 1999, où il intègre le groupe RA.CI.NE (Rappeurs de la Civilisation Nègre) avec Chef Kezza et Ezima Nkodjeign Testa. En 2001, ils vont sortir l’album Mâm Me N’Assi. La production musicale de cet album est assurée en partie par Double Pee et Shogun.

 

  • Boss

C’était le seul dans le groupe qui n’avait pas des velléités de rappeur. Il faisait partie du ministère de l’ombre, ceux qui assuraient l’ambiance dans le groupe et qui s’occupaient de la sécurité, car les bagarres n’étaient pas très loin. Il quitte Oyem en 1999.

À la suite du départ d’Oyem de différents membres du CP1B et de la création d’Armageddon Système, la formation va se disloquer. Cop Killa va donc rapper en solo un moment ou accompagné de Nanou. Un clash va se faire entre Coby, Nanou et Montana d’une part. Ensuite, le clash va opposer Montana à Cop Killa. La joute aura lieu à l’émission Baromètre Local. L’objet du problème portait sur la paternité du groupe. Après quelques déclarations au vitriol des uns et des autres, le calme reviendra et le CP1B sera enterré. 

 

  • Octagon Shock

Alors que le rap est devenu le roi des soirées culturelles d’Oyem, deux rappeurs vont arriver dans la ville et ils vont se fondre dans la masse. Il s’agit de Panik De Wassa et d’Apostrophe qui vont se joindre à un rappeur local qui avait déjà une relative notoriété en la personne de Pat Krack. Le groupe va donc exister le temps d’une année scolaire, car l’année qui va suivre, les trois protagonistes vont quitter Oyem. Quelque temps après leur arrivée à Libreville, Panik et Apostrophe vont former le groupe Radical et ils vont interpréter le titre Bon Filc (qui sera accompagné d’une vidéo).

 

  • Ndutwi Premier

C’est un groupe originaire d’Eyene Assi "zone Radio 9" formé en 1998. Le nom séminal était Posse X. Ils vont adopter le nom Ndutwi Premier, en 1999, qui restera inchangé jusqu’à la dislocation du groupe. Rappelons que Ndutwi en langue fang veut dire la vapeur. On peut aussi l’utiliser dans une expression idiomatique « O ne ndutwi » pour dire à une personne qu’elle a du charisme. Les membres fondateurs sont : H. KARY alias Essawoula MC, Candide, Message alias Nyandôm MC et Ngôfio.

Nyandôm MC et Ngôfio vont quitter le groupe (1999). Alors, Candide et Essawoula MC vont enregistrer quelques titres dont les plus connus sont : Business (écrit à l’origine à l’époque du Posse X) ; Le vol du mégaphone et Tout s’enchaîne Feat Janice. Tous ces titres ont été produits par Petit Yves. C’est au cours d’une séance de programmation, chez ce dernier, qu’ils vont faire la connaissance de Janice qui était membre du groupe musical Les Jeunes de Walala dont le leader était Arnaud Eyagha

Parallèlement à Ndutwi Premier, en 2000, Essawoula MC va monter le groupe Sud Sarah avec Spoon Bad Dog (rappeur nouvellement arrivé à Oyem). Ils vont enregistrer le titre Banlieue toujours sur une musique de Petit Yves. Cette chanson sera quotidiennement diffusée sur Radio 9. La même année, Big Marco et Bonddy Love (transfuge d’Axe Cage 4) vont faire leur entrée au sein du groupe. Puis Essawoula MC fait la rencontre de Kevin Castel qui vient d’arriver à Oyem. C’est Lennox Lord Hussein qui les met en contact. Essawoula MC va négocier pour lui une prestation à l’étape d’Oyem de la tournée nationale du groupe 3FB nommée Les Concerts de l’Eté organisée par Sono+ et AFJ. C’est au cours de ce concert que ce dernier sera repéré et il sera signé sur le label AFJ.

En 2000, Candide va quitter Oyem et Boddy Love ne sera plus très active. Essawoula MC et Big Marco vont donc se retrouver le plus souvent à deux. Ricky alias Ricko Black-Style alias Mbia Mong arrive également à Oyem la même année et va se lier d’amitié avec  H. Ils vont enregistrer quelques chansons chez le DJ Hamed.

Durant toutes ces années, le groupe Ndutwi Premier va rester très proche du DJ Hamed. Il est perçu comme leur grand frère. Mais une chanson produite cette fois par Arnaud Eyagha et Cantin Minko va envenimer la relation et provoquer la rupture de leur collaboration. Ladite chanson était conçue pour "chauffer" le public à chacune de leurs prestations. Les paroles du refrain de cette chanson ne trouvèrent pas l’assentiment du grand frère. Le refrain disait simplement : « Sauf ma mère oh ». Implicitement, ils incitaient le public à dire : « C** de vos mères ».

En 2005, Essawoula MC va quitter Oyem à son tour et il va adopter le nom de Panache. Quant à Big Marco, il viendra par la suite à Libreville, mais le groupe ne va plus se reformer même s’ils vont collaborer de temps en temps, car Panache va créer la structure Zizany Production. Au sein de cette structure, il  assure les rôles d’ingénieur du son et de concepteur musical. Il a produit un album il y a quelques années.

 

  • Axe Cage 4

Après le départ de Nyandôm MC et Ngôfio du groupe Ndutwi Premier, ils iront former Axe Cage 4 aux côtés de Skalper et Éric avant que Boddy Love (l’une des rares rappeuses de l’époque) ne les rejoignent en 1999. Ngôfio, Éric, Skalper et moi étions dans la même classe au C.E.S. de MFoul. C’est à leurs côtés que je vais monter pour la première fois sur scène. Le groupe va se disloquer après le départ d’Éric et Ngôfio pour Libreville (1999). Boddy Love va rejoindre le groupe Ndutwi Premier après la dislocation du groupe. Nyandôm MC va se rapprocher de Rodrigue (REP) pour faire le titre Mortalité infantile. Par ailleurs, il va arrêter le rap dès son retour de Libreville (2003) pour se consacrer à l’animation radio qu’il commença en 2000. Quant à Skalper, il va nous rejoindre au sein du groupe Hold-Up (2000).

 

  • Le clan des Siciliens

Ce groupe matérialisait bien l’état d’esprit qui régnait à l’époque : tout le monde voulait devenir rappeur. Le Clan des Siciliens était un ancien groupe de danse qui avait gagné plusieurs concours (C.F. l’article sur la danse). L’un de ses membres, c’est-à-dire Axe, va donc décider de faire du rap (comme Ledoux MC bien avant lui) tout en gardant le même nom pour le groupe. Il sera accompagné dans cette aventure par d’autres rappeurs venus d’ailleurs, ses anciens compagnons de danse ayant choisi de passer à autre chose.

De 2000 à 2005

Dès 2000, je deviens un acteur du mouvement en étant cette fois-ci régulier sur scène en groupe et parfois tout seul. Durant cette période, j’ai pu rencontrer ces différents individus et entités, car ce sont eux qui seront en vogue.

  • The Am’Possee

C’est un groupe formé à la fin des années 1990, composé de Momo 16, Ameno ou Aménophis alias Ya Mbeng alias Ntutum Premier et As Maud. Le nom de cette formation voulait dire "le vrai groupe", ce qui renvoie au perpétuel débat qui sévit dans le rap, celui du vrai et du faux rap. C’était aussi une façon d’affirmer leur pleine puissance, en somme le côté égotique du rappeur. Le nom du groupe était aussi, du moins le AM, une sorte d’acronyme de leurs noms. Ainsi, AM renvoyait d’une part à As Maud. Et, d’autre part, AM renvoyait à Ameno & Momo.

Dès 2000, la chanson Everyday est diffusée à l’émission Baromètre Local. Cette même année, les membres du groupe se voient confier une émission de rap internationale le samedi en début de soirée. Leur émission aura le titre provocateur Hot Magazine qui n’est pas sans rappeler le célèbre magazine français pour adultes. Quand vint l'année 2001, deux autres titres furent mis à la disposition des auditeurs, il s’agit de Mond’Afrique et Young Lady (les cœurs brisés). C’est au cours de cette dernière année que va éclater la brouille entre eux et les membres d’EDN (Ebendwann Squad).

Cette brouille naît d’une déclaration faite au cours d’une émission. Les membres de The Am’Possee auraient déclaré qu’EDN était un groupe d’imposteurs qui reprenait les textes d’artistes célèbres. Cette déclaration va mettre le feu aux poudres. Heureusement, l’embrouille va juste se limiter à quelques menaces verbales.

2001 est aussi l’année de la fin du groupe, car pour des raisons scolaires Momo 16 va quitter Oyem. As Maud et Ameno vont chacun faire son bout de chemin. En 2003, Momo 16 enregistre et sort du côté de Libreville le single Hypocrisy. Dès 2004, Ameno va se rapprocher de H (avec qu’ils étaient aussi en clash quelles années auparavant) qui va produire plusieurs années après son single Les morts.

 

  • Jah Bone alias New Band

Il arrive à Oyem en 2000 pour officier comme DJ dans le célèbre bar, de l’époque, nommé Le Volcan. Il va faire quelques enregistrements chez lui qu’il dépose à la radio. L’une de ses chansons les plus célèbres était Stop à la guerre, il va collaborer avec un duo de chanteurs dénommé Sisquo & Jojo. Il va également enregistrer le titre Calme Comme Une Image feat Axe (membre du clan des Siciliens). Il avait la particularité d’être le seul rappeur anglophone de la ville. Sa chanson va connaître un énorme succès. La même année, il sera le seul rappeur admis à prester lors de l’enregistrement à Oyem de l’émission de la RTG1 Midi à la Une animée par Yves Mintoumba.

En 2001, il va quitter Oyem pour Libreville où il officiera toujours comme DJ puis gérant de Snake Bar tout en continuant à faire du rap. Il va devenir célèbre pour avoir été le premier à offrir du Striptease dans ses établissements, mais aussi pour avoir été celui qui va réaliser le premier clip de rap gabonais pour adulte « Gangsta-Gangsta ». D’après certaines rumeurs, il aurait été rapatrié (il était d’origine camerounaise), car on l’aurait surpris en pleine réalisation d'un film pornographique sur une plage de Libreville. Vrai ou faux, il faut juste dire que personne ne l’a revu au Gabon depuis plusieurs années.

 

  • Ebendwann Squad (EDN)

Après la dislocation du CP1B et le retour à Oyem de Curtis, les anciens principaux rappeurs du collectif CP1B à savoir Coby, Cop Killa et Curtis décident de former un groupe donc la traduction littérale du nom donne « une fosse de feu » par extension, on dira le « volcan ».  Nous sommes à la fin de l’année 2000. Ils vont donc se mettre sur la réalisation d’un maxi. Durant l’année 2001, Meth’ Nekwakk fait son entrée au sein du groupe. Lors des vacances 2001, ils se retrouvent tous à Libreville d'où ils vont enregistrer deux titres sur des productions musicales de Lionel d'Acoustique. Dès décembre 2001, la chanson Indépendance est diffusée sur la radio Africa Numéro 1 à l’émission Survoltage (une émission animée par le Quiz Master Régis Iboga Power) à laquelle Coby, Curtis et Mef (qui réside déjà à Libreville) participent. Quelques jours après, ils font une prestation live au Bat Power Show au CCF animé par le QM Régis Iboga Power. Lors des vacances de Pâques de l’année 2002, la chanson M’afass sort à son tour. Cette même année, durant les vacances scolaires, Curtis va enregistrer la chanson Homicide Verbal qui sera par la suite renommée Enete et il va quitter le groupe. En 2005, EDN va essayer de se relancer en enregistrant la chanson Zik de Pro’ suivi d’un clip qui sort en 2007. Ne sentant plus l’alchimie fonctionner, les différents membres vont mettre le groupe entre parenthèses.

Il se murmure actuellement l’éventualité d’une recomposition du groupe le temps de l’enregistrement d’un album. Cet album serait réalisé par Ameha Kossi qui est devenu producteur de musique et propriétaire d’un studio d’enregistrement (Studio Lakama).

 

  • Hold-up

Quand j’ai commencé à faire du rap, ma scolarité était vacillante. Je faisais tout afin de rester discret pour que mes parents n’en sachent rien. En 1999, alors que j’accompagnais souvent les membres du CP1B, avec Bérenger alias M-Feuning nous avions formé un groupe au sein de notre village avant d’y intégrer mon petit frère Yann Sentenza qui décida de ne plus faire du rap au bout de deux prestations. Lors de nos débuts, nous avions un Ghetto Baster et nous nous isolions afin d’aller répéter dans les bâtiments inachevés du Centre de Formation des Métiers situé à l’écart du village. Parti de deux membres, en 2000, le groupe va être composé de quatre membres après l’intégration de Skalper et de Stentor.

Skalper alias Virus,  c'était un transfuge du groupe Axe Cage 4, il a côtoyé à un moment Orphelins du Nord avant d’intégrer notre groupe. Stentor alias Assok Mengweng quant à lui arrive à Oyem en 1999 après avoir passé du temps entre Boué et Libreville. En arrivant à Oyem, il est inscrit au C.E.S. de Mfoul où Skalper, Bérenger et moi sommes des élèves. En 2000, il va intégrer notre groupe. Une fois à quatre (M-Feunig, Assassin Nguema Ndong, Skalper et Stentor), nous allons enregistrer à Oba Night Club le titre Hold-Up Mental (Hold-up mental, branche-toi sur ma fréquence) qui sera diffusé à la radio 9. La diffusion de ce titre sera rendue possible par Steeve et le DJ Camille qui animaient une émission de variétés africaines et caribéennes. Mais pour des raisons familiales, ils vont faire passer du rap local. En ce temps-là, nous étions managés par Tiburce alias Fuller.

En 2001, Stentor et moi restons les seuls membres du groupe après le départ de Bérenger pour Libreville et Skalper qui décide d’arrêter de faire du rap. En 2002, le nom liminaire est changé par Hold-Up Mental et nous allons former le collectif Ministère Amindzuk avec Ebendwann Squad. Pour des raisons scolaires, Stentor va quitter Oyem et je me retrouve seul. Durant l’année 2003, je vais prester à chaque fois avec Coby au compte du Ministère Amindzuk.

En 2004, nous allons faire notre premier studio avec l’enregistrement de la chanson Self Défense produite par Shogun. Cette chanson devait sortir dans l’album que l’on avait en projet d’enregistrer, mais cela ne se fera pas. En 2006, le groupe prend fin. Mais nos collaborations sont fréquentes que ce soit pour mes projets solos ou que ce soient ceux qui sont avec Andgo, Stentor y intervient toujours (confère le titre Ndê Bot).

 

  • Andgo Numba One

En 1999, il forme le groupe African Fight avec son compère Boyz qui va malheureusement quitter Oyem quelque temps pour retourner en Guinée-Equatoriale, le pays d’où il est originaire. Se retrouvant seul, Andgo va continuer à rapper et affronter d’autres rappeurs de son quartier (Adzougou) en freestyle tel que Dicaprio qui est actuellement chanteur d’élone (gardant le même pseudonyme). En 2001, au cours d’une soirée culturelle au centre Don-Bosco, il monte sur scène pour faire une improvisation, ce sera là sa première scène et il s’en souvient encore aujourd’hui.

En 2002, alors que je me retrouve à nouveau à appendre au Lycée RNB, Andgo, Mafass XL et moi nous nous retrouvions dans la même salle de classe. De temps en temps, nous nous adonnons à des freestyles. En 2005, Andgo, Djeimoney et moi formons un microgroupe juste pour écumer les scènes locales. Cette année, Andgo quitte Oyem et il enregistre le titre Tous des hommes feat Traxxion. Ce titre sort dans la compilation La force de vivre et c’est la première collaboration avec X-One.

En 2006, il enregistre le maxi Nerfs à vif, je partage avec lui le titre éponyme qui sortira également dans la compilation La force de vivre 2, en 2008, toujours produite par X-one. Entre 2006 et 2008, il va former le groupe Sicaire avec Mafass XL et ils enregistrent le titre La Loi du milieu. En 2010, nous avions sorti l’album C.L.A.M.P. (Concept, Lyrics, Attitude, Musique et Performance) en coproduction avec X-One et Pierus Production.

Concomitamment à la réalisation de notre deuxième album à venir, Andgo prépare un album solo titré: Bouche cousue. Il est par ailleurs devenu concepteur de musique pour lui et pour les autres. Il a notamment produit le titre Langue de bois de Keurtuce Essamkwass (2014) et deux titres dans notre premier album.

 

  • Apocalypse

Groupe formé, en 1999, par Cyrile Evans et Tsira Mba Djeimoey. C’était un groupe influencé par la tendance mystique du rap du milieu et de la fin des années 1990 en l’occurrence celui du Wu-Tang Clan. Le groupe va se disloquer, en 2000, lorsque Cyrile Evans quitte Oyem. Se retrouvant seul, Tsira Mba (il faut prononcer Mbê) décide de rouler en solo. Cela va le conduire à collaborer avec les membres de Symhoz, en 2001, puis à intégrer le collectif 1-Dan-G dès 2002. En 2003, il va enregistrer du côté de Libreville (pendant les vacances scolaires) un Freestyle au Studio Ma Sarah. L’année suivante, il fera d’autres enregistrements en solo et un autre en collaboration avec Ngane Môt pour le compte de l’album de ce dernier. Ces différents enregistrements se sont faits au Studio 701.

Dès 2004-2005, Djeimoney devient de moins en moins présent en tant que rappeur, mais plutôt comme animateur de soirée. Toutefois, cette année Andgo, lui et moi avions partagé plusieurs scènes en utilisant la version instrumentale d'of the books des Beats Nuts. Le refrain que j’emprunte à Ameha Kossi, « My pueblo au balango… élève le niveau », est repris en cœur à chaque concert.

Une fois à Libreville, Djeimoney va définitivement arrêter le rap après l’enregistrement d’un maxi pour se consacrer à l’animation d’émissions radiophoniques puis télévisuelles avec un succès considérable.

 

  • Fréquence

C’est un groupe qui a été formé du côté du Lycée RNB, en 2000, avec trois rappeurs. Il s’agit d’Andy et Walter  alias 2Pac (il est décédé en décembre 2015, REP) qui étaient résidents au quartier Peloton et Skramer qui par contre résidait à Nkom-Ayat. Ce groupe ne fera pas long feu, les différents membres étant préoccupés par leur scolarité. Toutefois, ils vont faire quelques prestations, en 2001, notamment au centre Don Bosco en interprétant le titre Minimum. Un titre qui sera en forte diffusion à la radio locale précisément à l’émission Baromètre Local. 

 

  • Bhong-Thang Yazz

Beaucoup de personnes n’ont jamais compris que le nom de ce groupe était en fang, mais il était prononcé avec un accent américain d’où la résonance similaire au groupe de Cleveland Bone Thugs and Harmony couramment appelé Bone Thugs. La traduction littérale de ce nom voulait dire : « combien de jeunes ».

 Le groupe est originaire du quartier Methuign (Methui) et il a été formé, en 1998, lors des grandes vacances par Cazy Dazz One alias Snoop alias Ngarebikiègn ; Ice-po alias Mc Ovono de la Gainsta Killah ; Deck One ; Capello et Moane Kône Premier alias Habdala (il était le seul à être issu d’un autre quartier, car il venait d’Eyene Assi. C’est un ancien camarade de classe à l’école primaire et au secondaire). Plus tard, en 2001, Khader (membre du groupe Exorcist-2) va rejoindre le groupe et Ol’Mbamess en fera de même, en 2003, il sera le dernier à intégrer le groupe. Ils se réclamaient d’être les concepteurs du New Jack’s Red, Attentat verbal, Gaspille Pwalement, Hot-Fakxion, Oy’Rezo, Domaine Précieux…

Du côté de Methuign, le groupe a bénéficié de l’encadrement de leurs aînés tels que les membres du mouvement hip-hop Culture UT RAP de Methuign à savoir The P the Power alias Yakuzza Neb (qui avait l’habitude de rapper en anglais avec qui j’ai partagé plusieurs scènes), Man Derryck (devenue DJ au Coton Club de Libreville) et Rody Mc. Dans le cadre de cet encadrement, nous pouvons aussi citer le groupe Ayoah Forever composé de Berny B alias Nazario de La Cosa Nostra (un ancien camarade de classe et ami) et de Spy Lover (ancien danseur du groupe DH2).

La rentrée scolaire 2000-2001 sonne comme le début de leur première prestation qui se fait sur le podium de Don Bosco. Ils deviennent réguliers sur scène d'où leur présence au spectacle de Radio 9 à Place de l’Indépendance, aux soirées de fin d’année dans les établissements scolaires d’Oyem, aux spectacles du complexe Yia, au cinéma le Woleu pour différentes occasions, à la case d’écoute du Tougoutou, au Stade d’Akoakam, en boîte de nuit, à l'Hôtel Mvet Palace, etc. En 2003, le groupe est invité à représenter Oyem à un spectacle de rap à Bitam organisé au sein de la boîte de nuit Mbatwa. Cette même année, ils organisent un concert de rap au grand carrefour de Methui

L’année 2004 marque un tournant dans la vie du groupe. Cette année, il remporte un concours de rap organisé par le Studio Ndoungazi et O'Dimboo (confère  Fissure) dont le premier prix est l'enregistrement d'une chanson. Pour cela, il choisit le titre Unanime et la production musicale sera assurée par L’impérial Shogun alias Maître Engone Endong. Au cours de la même année, une kyrielle  de divergences  sur des questions d’orientation artistique et idéologique plombent l’harmonie du groupe. Ces divergences aboutiront à la balkanisation du groupe et  à la naissance d’autres formations telles que : Haut Les Mains (Khader et Cazy Dazz One) ; Ice-po de la Gainsta Killah continuera en solo ; Bhong-Thang Yazz Junior (Lasky, Sébalo, Ramphta) ; 9H45 (Tesson, Snep et Jah Love) et W-HH (Woleu-Hip-Hop).

 

  • Fissure

Le groupe a été créé en 2000 par Delap’s et Penny le Scrible. Ils vont enregistrer un premier titre, Temps Mort, qui sera diffusé à la radio locale. En 2001, à la suite du départ  pour Makokou de Penny, Yann7 va intégrer le groupe. Ils vont faire plusieurs scènes locales et acquérir une réputation. En 2004, ils vont faire leur premier enregistrement professionnel au Studio Ndungazi par Nzanga Mapangou (qui s’était déplacé à Oyem à l’occasion d’un concert de Nzanga Mapangou et le Block des K-ciks au cinéma Le Woleu). Ils choisiront d'enregistrer le titre Dans la nuit feat Raphal (ce dernier fera les beaux jours de la structure Funtazy, à Libreville, quelques années plus tard) sur une production de Engone Endong alias L’Impérial Shogun (en ce temps-là). Cette chanson aura un succès local considérable.

Dès 2005-2006, Delap’s se sent de moins en moins intéressé par le rap et décide donc de se lancer dans l’événementiel et la production d’autres artistes. Il va donc mettre un terme à son expérience de rappeur. Par contre, Yann7 va continuer dans le rap et il vient de sortir un album dont le titre est Nouveau départ.

 

  • La 3ème Dimension

En 2001, le groupe est formé de trois membres qui ont chacun déjà connu une expérience en groupe. Il s’agit de Lanslow Bidzofazah, Big Seven Seth et Minerve la Rage (Nanou). Lanslow est connu à Oyem pour avoir participé à plusieurs concours de rap lorsqu’il résidait à Bitam où on l’appelait Tupac. Il est aussi membre du Sozami (collectif dont Antofeya Staff est la figure de proue). Big Seven Seth pour sa part est membre du collectif librevillois Seldag, il est aussi connu comme étant acteur pour avoir joué le rôle de Baby Lee (rôle qui le fait déjà rapper) dans le film Dôlè. Quant à Nanou qui décide de se faire appeler Minerve la Rage, elle est une transfuge du CP1B. En 2002, ils vont enregistrer un maxi au Studio Kage de Libreville.

Dans le dessein d’encadrer les jeunes rappeurs qui gravitent autour eux, ils vont mettre en place le collectif 1-Dan-G. Aujourd’hui le groupe s’est disloqué, chacun continuant à faire du rap à son niveau. Lanslow est actuellement celui qui est le plus actif en la matière, car il a sorti, il y a déjà quelques années, un album titré Seul l’écriture paie.

 

  • Un-Dan-G

Un-dan-g ou 1-Dan-G est un collectif de rappeurs constitué des groupes Troisième dimension, Première Division, A2 (Oloxsi P degré, Seila Slow), Reflex (LDV, BH le barge), Fey's crew (Warson la guêpe, Methos Raphal), Haute tension (Vipo-vipère, Matazz qui est décédé REP, Dr Ribon), Mapach, El blanco, Flash, La rime, Djémoney… Le collectif va enregistrer les départs d’un certain nombre ses membres à savoir El blanco, Flash, La rime, Djeimoney

1-Dan-G est né en 2002 de la volonté de Big seven seth et lanslow bidzofazah qui voulaient créer une structure afin d’encadrer les jeunes rappeurs qui gravitaient autour d’eux. C’était aussi l’occasion de partager avec ces jeunes leurs différentes expériences et cela se concrétisait par l’organisation et l’animation d’ateliers d’écriture. D’après les propos d’H2O, « l’objectif était de mettre en place une force musicale urbaine qui s'inscrit dans la contestation sociale », le titre Appel au renfort qui est d’ailleurs présent dans l’album de Lanslow en est l’une des parfaites illustrations. La mise en place de ce collectif est aussi selon H2O, « Une affirmation des valeurs collectives qui transcendent les particularismes », car le rap est un domaine dans lequel l’affirmation du soi est mise constamment en avant.

Dès 2003, le collectif devient un acteur majeur du mouvement "rappologique" local. Aucun concert n'est envisagé, sans qu'il y participe. Mais après le départ d’Oyem de Lanslow puis de Big Seven Seth, pour des raisons scolaires, l’harmonie et le dynamisme du collectif ne seront plus les mêmes. Il faut attendre que les membres influents se retrouvent tous à Libreville pour que les choses se redémarrent. Actuellement, le collectif prépare son premier album qui sera produit par H2O pour le compte de Poz’L-Flow Underground.

 

  • Première division

Groupe formé, en 2002 par H20, La hard shukran et  Marshix Eagle. Ils choisissent ce nom afin de montrer combien ils ambitionnaient arriver au pinacle de leur art. Ils s’inscrivent dans le rap sociopolique courant en vogue à l’époque même si l’on commençait à pressentir l’hégémonie d’un rap plus festif porteur d’un hédonisme toxique. Ce groupe fait partie des piliers du collectif Un-Dang-G. Pour des raisons d’études, le groupe va se séparer, mais les membres restent en contact chacun répondant aux appels des uns et des autres quand le besoin se fait sentir.

Actuellement, H2O est producteur de musique du côté de la France où il a monté un label (Poz’L-Flow Underground qui produit notamment PSYA). Quant aux deux autres, ils ne font du rap actuellement que par dilettantisme, c’est-à-dire leur présence dans le rap se limite à quelques participations aux projets de leurs amis, mais aussi dans l’album à venir collectif Un-Dan-G.

 

  • Mapach

Mapach commence le rap en 1997 du côté de Libreville. Il arrive à Oyem et il est inscrit au Collège Catholique d’Angone où il côtoie d’autres rappeurs locaux notamment Gangs’t avec qui est formé le groupe Veridi-K avant l’intégration plus tard de Mafass XL. C’est à cette époque qu’il va faire sa première scène aux côtés notamment de Tsira Mba Djeimoney au Centre Marie Dominique. En 2001, il crée avec Delap’s le groupe « Le Clan De l’Ombre » puis le groupe Fausse Manœuvre avec HK ex-membre du groupe librevillois La Patrouille. Durant l’année scolaire 2002-2003, il va intégrer le collectif Un-Dan-G avec qui il partage plusieurs scènes locales jusqu’à son départ d’Oyem (2005). En 2004, le groupe Veridik-K va enregistrer le morceau Injection qui sera présent sur la compilation La Force De Vivre. Pour des raisons scolaires, il va se retrouver du côté du Cameroun où il va collaborer avec le label GBF(God Bless Family). Il y enregistre quelques morceaux tels que : Loin Du Bled ; Constat Lugubre ;Memory

Post-Scriptum : Memory est un hommage à deux de ses amis et membres du même club de basket-ball -le club Winners- décédés. Il s’agit de Tony et Jean-Paul ( c'était le frère de Yul et Steeve deux des cinq membres de la famille Elang qui ont été retrouvés morts dans leur maison Oyem en août 2015 dans des conditions jamais élucidées, REP).

 

  • Sysmhoz

Groupe formé à la fin des années 1990 avec comme membres Nyangoviè, Lil’Mozar, Aldomingo, Tony Dabrasco et Big Paps (baptisé par la suite Lyriciste Premier). Selon les membres du groupe, ce nom voulait dire, "Syndrome Humain pour l’Osmose", en d’autres termes "une maladie qui attaque le peuple pour l’unir". En 2003, ils vont enregistrer leur première chanson dans un studio professionnel, le Studio 701 de Mister Flo -à cette époque, le Studio 701 est installé du côté de Port-Gentil où Mister Flo officie comme enseignant, mais durant les vacances scolaires, il se déplace vers Oyem et il y fait des enregistrements avec les artistes locaux-. Ladite chanson a comme titre, C’est Dingue. Un titre qui va connaître un énorme succès local grâce notamment à sa diffusion permanente à la radio locale. Puis le succès va traverser les frontières d’Oyem pour se propager à l’ensemble de la province (Woleu-Ntem) et au-delà. En 2004, le groupe ira faire quelques prestations en Guinée équatoriale précisément à Mongomo (ville frontalière d'Oyem qui reçoit les ondes de Radio 9) suivi d'une tournée provinciale. Puis, ils vont se déporter vers Libreville où ils vont participer au Bantu Live, au Street Fighter…

Actuellement, Lyriciste Premier est le plus en vue du groupe, car il a entamé une carrière solo du côté du Ghana où il vit pour des raisons scolaires. Il faut préciser qu’il prépare actuellement un album de plus d’une quinzaine de titres.

 

  • Wazouyen Staff

La traduction littérale du nom de ce groupe est, « tu vas voir ». Il avait été créé à Libreville en 2002-2003 par Ruddy MC dit 2Pac, Max Dakuya (REP) et Mams (qui est actuellement membre du groupe Connexion). En 2004, Ruddy MC est à Oyem et il reforme le groupe avec Haff Le Boss -qui se fait appeler à cette époque Le Boss des Boss- et Achem Masta. Cette année, ils font leurs premiers enregistrements au Studio 701. La même année, Le Boss des Boss va enregistrer en solo la chanson Congossa qui sera utilisée au générique de la série du même nom diffusée sur la chaîne Tv+ (alors considérée comme la chaine la plus regardée du Gabon). Le troisième membre du groupe est de moins en moins présent et l’on identifie le groupe à Ruddy MC et au Boss des Boss.

En 2005, le groupe a comme manager Léonard Eyong. Sous son aile, ils iront participer à Libreville au spectacle dit Clash Gabon Vs Cameroun. Malheureusement, ce spectacle est resté dans la mémoire des deux MC’s comme un triste souvenir. En effet, ce soir-là, le public librevillois va négativement s’illustrer en lapidant les rappeurs camerounais. La soirée n’ira donc pas à son terme.

Quelques années plus tard, après l’obtention du bac du Boss des Boss, le groupe va se disloquer. Chacun va continuer sa route. Le Boss des Boss qui va devenir Haff Le Boss ne va pas quitter le monde du rap même s’il arrête de rapper. En effet, il va devenir animateur de télévision et radio avec un succès considérable ( d'abord sur Ogooué-FM  puis sur Urban FM et Télé-Africa).

 

  • Arsenal Hip-Hop

Ce nom peut porter à confusion, car il rappelle le groupe de Port-Gentil qui a connu un succès national au milieu des années 2000. Ici, il s’agit d’un groupe formé à Minvoul, en 2001, par Exelay, Le Number X l’altesse et Jazz Pipo. En 2002, pour des raisons d’études, ils se retrouvent tous à Oyem -rappelons qu’à ce temps, il n’y a que le collège à Minvoul et les élèves doivent être transférés au lycée d’Oyem pour continuer- et c’est à ce moment que Loyd J va intégrer le groupe. Ils vont faire quelques prestations à Oyem. Pour des raisons scolaires, plusieurs membres vont quitter Oyem et le groupe va se disloquer.

 

Groupes et rappeurs en vrac

À côté des groupes que j’ai cités plus haut, d’autres ont aussi fait parler d’eux à Oyem à savoir : le Comité KRAO, ce groupe était formé en majorité d’élèves du Lycée Professionnel d’Oyem, Michel Pekoin faisait partie de ses membres ; Passage X, ce groupe avait représenté le Woleu-Ntem au festival Gabao Hip-Hop, en 2006 ; Moss MC, rappeur issu du quartier Mont Myele qui va enregistrer la chanson Akal Dzé au Studio 701 en 2003 ; Docteur Patch, il sera en activité à Oyem entre 2000 et 2001. Sa chanson la plus connue est celle qui va enregistrer en compagnie d'une Aïcha Wannel toute adolescente ; Alliance du Nord, groupe issu du quartier Tougou-Tougou; Relaps et NFN Bad ; le groupe Majus’Kul composé de Kenzy-Clotaire, Willson Le Mercenaire Ff’’aa Fébrile, Neprtick La Rousse et Sadick Nadela ; Massacre Lyrical avec Double XL et Fax Stel ; Espion; Negrion ; L’animal ; Mortels Flash ; Ismo, c'est le petit frère du DJ Hamed qui commence à faire du rap en 2000 alors qu’il a environ une dizaine d’années. Il fait une première pose  d’une chanson écrite par les membres de Ndutwi Premier (Ismo sur le flow) à Oba Night-club (2000) et trois en après (2003), il va l’enregistrer au studio 701… 

Ainsi fut le rap entre 1998 et 2005

Le rap a été un facteur de socialisation pour bon nombre de jeunes à Oyem, au moyen de cette musique, certains jeunes issus d’autres horizons ont pu facilement s’intégrer dans la ville. À la différence de ce que l’on pouvait observer dans la danse, le rap à ses débuts à Oyem baignait  dans une ambiance Peace, Love, Unity and Having Fun. On avait juste quelques petites rivalités entre groupes, ce qui est tout à fait naturel, car découlant d’un antagonisme atavique. Cette musique a empiété sur la scolarité de personne comme bon nombre veulent souvent le faire comprendre. Chacun devrait assumer ses erreurs et éviter de faire du rap le prétexte de ses échecs. Ceux qui n’avaient point d’intérêts pour les études ont choisi d’autres voies. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu autant envie d’apprendre que dès que j’ai commencé à faire du rap, les études et la lecture étaient le terreau de mon rap. Chaque nouvelle lecture était pour moi un prétexte à un nouveau texte. Cette musique a su susciter en moi un prurit de désirs pour l’érudition.

Beaucoup sont devenus rappeurs à l’époque par mimétisme et par effet de mode, toutefois, avec le temps quelques-uns ont décidé de faire carrière dans le domaine. Aujourd’hui, des rappeurs comme Keurtyce Essamkwass, pour ne citer que lui, font partie du haut de tableau de la scène nationale. Ce qui était perçu dès le départ comme un simple hobby est devenu un métier pour certains même si les fruits de leurs efforts tardent à tomber. Le monde artistique au Gabon reste très ingrat.

Pendant ces sept années, j’ai donc pris plaisir à écouter et à voir tous ces jeunes donner des couleurs à une ville terne en matière de divertissement. Ces lignes sont un hommage que je rends à toutes ces personnes qui ont participé à ce mouvement. À tous ces rappeurs, organisateurs de spectacles, animateurs radio et autres personnes qui dans l’ombre ont permis au rap d’Oyem de vivre. Aujourd’hui, le rap a connu une grande évolution à Oyem. Les studios d’enregistrement s’y sont installés (Studio 701 de Mister Flo, le Studio du Grand Bobo…). Cet état des choses contraste avec l’époque que j’ai décrite ici. Je souhaite aux résidents actuels de cette ville de connaître le même plaisir que nous quand nous allions à Marie-Dominique, à Don Bosco ou au cinéma Le Woleu pour assister et participer à des concerts.

« Il y a toujours un rétroviseur propulsif chez les grands audacieux »  a dit Régis Debray, chaque fois que je dois sortir un projet, j’ai en mémoire toutes ces années de bonheur passées à Oyem à rapper et à encourager d’autres artistes.

 

À Walter alias Tupac et aux autres compagnons partis trop tôt.

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Mister EYA 19/04/2016 00:35

Je valide tres beau recit.je me rappel de ves beaux moment passe a marie domique et feliciyation a keyrtis et arnaud eyagha qui on continue ve qu on a commence a faire ensemble a oyem.....merci pour ve recit

Justin Obiang 16/03/2016 13:00

Je suis content de lire ce texte. J'ai eu la chance d'avoir connu cette époque.Encore merci pour ces lignes.

NPI 18/02/2016 02:21

La fumée t'embête!

Nguema Ndong 19/02/2016 06:21

Ah ah! Tu vas te "Waze" ma chère.

Guy Martial 18/02/2016 00:41

Felicitation Assassin. En parcourant ces lignes j'ai pratiquement revecu ses meilleurs moments du passé où le rap etait un privilege et un prestige pour la jeunesse.
J'ai reconnu les icones du monde rapologique d'oyem de l'epoque...
Ce article est tout simplement fabuleux.
Bravo.

Nguema Ndong 18/02/2016 00:46

Merci à toi également. Je n'aurai pas pu écrire tout ceci sans votre coup de main. Tes infos m'ont été très précieuses.

Guy Martial 18/02/2016 00:41

Felicitation Assassin. En parcourant ces lignes j'ai pratiquement revecu ses meilleurs moments du passé où le rap etait un privilege et un prestige pour la jeunesse.
J'ai reconnu les icones du monde rapologique d'oyem de l'epoque...
Ce article est tout simplement fabuleux.
Bravo.