Cinquante ans pour 

Publié le par Nguema Ndong

Cinquante ans pour 

Le 2 décembre 1967 est une date sombre dans l’histoire du Gabon. Un peuple qui souffrait déjà d’une dictature a vu l’arrivée au pouvoir d’un autre autocrate. Pendant près de quarante-deux ans, le peuple a subi ses différentes turpitudes, mais surtout le poids de son incompétence manifeste. En quatre décennies, il a mis en place un système oligarchique qui résiste à l’usure du temps, huit ans après son décès.

L’élection présidentielle de 2016 nous a montré combien de fois l’emprise d’Omar Bongo est encore importante dans ce pays. Il y a eu des morts et des prisonniers, pour une seule cause, la défense de la pérennisation du bongoïsme. En effet, cette élection s’est transformée en une lutte fratricide des rejetons du système du vieux patriarche de Lawaï. Chaque groupe, peu importe de quel côté de la barrière, il se trouvait, n’avait à cœur que la défense de ce système. D’Ali Bongo à Jean Ping en passant par Guy Nzouba Ndame, Léon Paul Ngoulakia, Jean Eyeghe Ndong, Séraphin Moundounga, Zachary Myboto, René Ndemezo’o, Alexandre Barro Chambrier, Nguia Banda, Casimir Oye Mba et consorts. Tout ce monde ne constitue qu’une camarilla du fruit de l’hymen de ce système nocif nommé Bongo-PDG.

Le mal du Gabon est profond, le résumer à un simple "Ali Dégage", c’est vendre de la poudre perlimpinpin. Nous, citoyens gabonais, nous devons connaître quel est notre objectif. L’instant ou l’avenir ? Le court ou le long terme ? Sortir du Bongoïste ou y demeurer ? Telles doivent être nos interrogations au lieu de s'engouffrer dans un manichéisme ridicule qui condamne le lumpenprolétariat à soutenir des ploutocrates, le pauvre à mourir pour les riches, l'opprimé à défendre un système qui le persécute, etc. 

Nous venons de passer cinquante années dans une servitude volontaire, cinquante années à servir un système qui n’a cure de notre situation. Cinq longues décennies à voguer en eaux troubles et en fin de compte nous nous sommes retrouvés dans un marasme. L’idéal auquel nous devons tous aspirer est la sortie de cet état des choses et cela passe inexorablement par le rejet de tous les fils putatifs du vieux tyran. L’avènement d’un Gabon nouveau et surtout meilleur est conditionné par l’abandon de cette gangue nommée bongoïsme. 

Un demi-siècle, c’est l’âge de sagesse. Celle qui devrait habiter tous les citoyens, celle qui devrait faire comprendre aux uns et autres que ce pays est à nous tous et non aux Bongoïstes et à leurs affidés.

Je vous partage cet extrait du Discours De La Servitude Volontaire de Etienne de la Boétie :

« Soyez résolus à ne plus servir, et vous voilà libres. Je ne vous demande pas de le pousser, de l’ébranler, mais seulement de ne plus le soutenir, et vous le verrez, tel un grand colosse dont on a brisé la base, fondre sous son poids et se rompre. »

Nguema Ndong, Libreville le 1 décembre 2017

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