Je suis allé au Forum Nutrition de Maggi

Publié le par Nguema Ndong

Je suis allé au Forum Nutrition de Maggi

Mercredi 17 avril 2019, c’est la journée nationale de la femme au Gabon, j’apprends que la Nestlé Gabon par l’entremise de sa marque Maggi organise un forum sur la nutrition dont le thème est « La nutrition au Gabon : défis et perspectives ». Bien que l’événement soit dédié aux femmes, elles constituent d’ailleurs le cœur de cible de cette entreprise en témoigne leur slogan « avec Maggi, chaque femme est une étoile », la curiosité m’y a quand même conduit. Il faut dire que la nutrition est un sujet d’actualité à l’heure de la prolifération des maladies liées à une mauvaise alimentation (obésité, diabète de type 2, hypertension artérielle, maladies cardiovasculaires telles que les AVC, etc.). Sachant que je prends de l’âge et du poids, le sport n’étant pas mon fort, j’avais tout intérêt à y assister et lever le voile sur certaines rumeurs que véhicule la doxa autour des bouillons culinaires (Cube) de Maggi.

Mais avant de m’y rendre, j’ai fait quelques recherches sur internet et j’ai appris que 40 % des gabonaises sont concernées par l’obésité et selon le site indexmundi.com, en 2014, 15,8 % des adultes (des deux sexes) étaient touchés par cette pandémie. Cet état des choses est tributaire de plusieurs éléments que l’on trouve dans notre culture, nos habitudes de consommation, notre rapport au sel, etc. En effet, on nous enseigne chez nous qu’une jolie femme doit avoir des formes arrondies. Sans nous en rendre compte, nous inoculons en elles l’acceptation de la surcharge pondérale comme l’un des atouts majeurs de séduction féminine. Quant aux hommes, la ventripotence est perçue, ici, comme un signe extérieur d’aisance matérielle. Il suffit de voir les ventres de la plupart de ceux qui ont une bonne situation sociale et l’iconographie des chefs traditionnels. À côté de ces faits culturels, nous avons aussi cette tendance au surdosage du sel lors de la cuisine. Toutes choses qui alimentent un problème de santé publique.

Il était 15 h quand je suis arrivé à l’endroit où se tenait ledit forum. Comme il est de coutume chez nous, nous avons respecté l’heure de courtoisie (on commence souvent nos événements avec au minimum une heure de retard). La salle était peuplée à 90 % de femmes (clients, commerçantes et association). J’avais l’air d’un hétérosexuel dans une boîte gay. Assis à l’entrée de la salle et loin de l’estrade, je voyais le va-et-vient des convives. J’avais la certitude que je n’allais pas satisfaire l’un des besoins qui m’ont motivé ma présence en ce lieu, que je n’ai pas et que je ne mentionnerai pas ici. Qu’à cela ne tienne, l’assistance avait une belle allure. Les femmes dans leurs tenues en wax me rappelaient les cérémonies de remise de tontine. J’avais l’impression de voir mes mères, mes tantes et mes sœurs. L’ambiance était agréable et le choix de la salle, judicieux.

Puis le maître de cérémonie prit le micro afin d’annoncer l’ouverture du forum et il présenta les membres du panel qui devait nous entretenir pendant des heures. Il y avait dans l’ordre de passage :

  • Rodolphe Makanga, représentant le directeur général de Nestlé Gabon 

Qui a lu le mot de bienvenue et en a profité pour présenter les missions et les objectifs de leur entreprise.

  • Dr Ghislaine Nzang, nutritionniste 
Dr Nzang

Dr Nzang

Le thème de son exposé était : pourquoi mangeons-nous ? Pendant une dizaine de minutes, elle nous a parlé des différents éléments qui composent nos assiettes et les risques que nous courons avec une forte consommation de sel. Pour le médecin du Centre Hospitalier Universitaire de Libreville (CHUL) et selon la recommandation de l’OMS, nous devons de consommer en moyenne cinq grammes de sel par jour, ce qui représente approximativement une demi-cuillérée à soupe. Point besoin de dire que cela est largement en deçà des taux locaux. Il nous reste des efforts à fournir en la matière.

  • Christian Abiaghe, président de SOS consommateurs Gabon 

Le cube est l’un des éléments permanents des cuisines de chez nous. C’est la raison pour laquelle monsieur Abiaghe a décidé de mener une petite enquête afin de recueillir le point de vue des consommateurs sur l’utilisation des bouillons culinaires de Maggi. Autant vous le dire, je n’ai pas pris en considération les données obtenues par cette étude. La population de Libreville est de 967 095 (en 2016), seules 64 personnes ont répondu au questionnaire administré.   

  • Rostand Banzeu, directeur de la communication et des affaires publiques, Nestlé Afrique Centrale

Au cours d’une brève allocution, il nous a entretenus sur la contribution de Nestlé à la création de valeur partagée en Afrique Centrale.

  • Gaetan Teje, directeur de la catégorie culinaire, Nestlé Afrique Centrale
Je suis allé au Forum Nutrition de Maggi

Il a profité de son allocution d’une dizaine de minutes afin de présenter les produits de Maggi, mais surtout détailler la composition des bouillons culinaires. Il tenait vraiment à expliquer cette partie, car c’est là le terreau de la plupart des fantasmes qui pullulent sur ces produits.

  • Alexia Laure Etoughe, agent de Nestlé Gabon

Son exposé portait sur une mini-série produit par Maggi, Yelo Peppè, qui est uniquement diffusée sur YouTube.

Je suis allé au Forum Nutrition de Maggi

Il faut dire que ces exposés étaient souvent ponctués des questions de l’assistance. Ces échanges ont permis au public de gommer les quelques équivoques qui pouvaient exister. Quant à moi, j’ai beaucoup appris au sortir de ce forum. Toutes ces connaissances m’aideront à mieux gérer ma consommation de sel dans ma quotidienneté. Tenez, il m’arrive souvent de cuisiner, je sais maintenant qu’il n’est pas pertinent d’associer des tablettes de cube à du sel, une erreur commune à plusieurs d’entre nous. Deux tablettes suffisent pour un plat de six personnes. Grâce à ce forum, je vais revoir à la baisse ma consommation de chips, de cacahouètes, de grillades (coupé-coupé) afin de m’épargner quelques soucis de santé. Il était quasiment 20 h quand je suis parti de là.  

Au demeurant, il faut tout de même que j’exprime mon principal bémol à la marque Maggi. Nous sommes à l’ère des revendications sur le genre, de l’égalité des sexes, véhiculer l’image de la femme cuisinière peut paraître suranné et en déphasage avec les nouvelles aspirations. Avec la prolifération des divorces, de l’avancement de l’âge du mariage et des autres mutations sociétales, les hommes, même en Afrique, cuisinent de plus en plus. Lorsqu’on les exclut de ce type de rencontre, on a l’impression que la marque tourne le dos à une part importante de ses consommateurs. Pis, cela pourrait également attirer les foudres des féministes qui vont crier au machisme. Heureusement pour Maggi qu’elles font moins florès sous nos tropiques.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Jules Ekome 21/04/2019 10:10

Un féministe.