2020 : annus horribilis ou annus mirabilis ?

Publié le par Nguema Ndong

2020 : annus horribilis ou annus mirabilis ?

« Le bonheur est une eau qui épouse diverses formes qu’aucune forme n’épuise »

Pascal Bruckner dans L’Euphorie perpétuelle.

J’ai commencé cette année avec beaucoup d’ambitions et des rêves qui débordaient. Pour moi, c’était mon année, j’allais la vivre pleinement. J’avais vraiment de la matière pour me projeter vers l’avant. Car j’avais enregistré presque la quasi-totalité des titres de mon premier album solo. Je souhaitais que ce moment soit comme je l’ai toujours pensé dans ma chambre d’adolescent à Oyem. J’allais pouvoir faire du rap comme je le voulais sans la contrainte d’un autre avis. 2020 s’annonçait sur les meilleurs auspices. Aucune ombre ne semblait venir ternir ce tableau. Je m’attendais à beaucoup de grandes choses. Même mon cœur paraissait avoir trouvé une lueur après une longue plongée dans les pires ténèbres de la solitude. L’optimisme était donc le seul monarque sur les terres de mes aspirations pour la nouvelle année. D’ailleurs, le 1er mars, je publierai un article dans lequel je présenterai mon pari pour 2020, Ageng Zoa. Pour rien au monde, 2020 ne sera mon annus horribilis, peut-être mon annus mirabilis. Me disais-je en ce début d’année. Et j’y croyais fermement.

De janvier à février, ma tête n’avait d’intérêt que pour le rap. Je venais de boucler le premier semestre dans mon école. Je m’attelais à finir mon album. Et je réfléchissais aux stratégies à mettre en place pour sa sortie. Pour les deux précédents opus avec Andgo, nous nous étions contentés de placer le produit dans les bacs sans l’accompagner d’un plan de communication. Seul maître dans ce bateau, le scepticisme rôdait dans un coin de ma tête. En tous les cas, je me devais de faire les choses à l’aune de mon âge et de l’expérience que j’avais acquise dans le domaine au fil des ans. Et c’est durant cette période d’incertitude que l’on m’avait contacté pour participer à la campagne « Mon pari 2020 ». Ce fut une aubaine pour moi, car j’allais profiter de l’exposition médiatique de ce projet pour annoncer la sortie de mon opus. Pensant bien faire, au contraire, je m’ajoutai une pression supplémentaire. Tant de gens avaient lu l’article qui accompagnait ma déclaration. D’aucuns avaient marqué cela dans leur agenda, au fil des mois à venir, ils ne cessèrent de me questionner sur l’évolution de mon album. Du coup, j’étais dans l’obligation de tenir parole au risque de passer pour un plaisantin.  

Campagne Mon Pari 2020

Campagne Mon Pari 2020

Puis mars arriva. L’enregistrement d’Agneng Zoa touchait à sa fin. Je venais également de débuter le deuxième semestre de mon enseignement. On m’avait réduit le nombre d’étudiants, ce qui rend souvent la transmission du savoir plus aisée. Je n’aime pas le marketing, mais j’adore donner cours. Je dirai que cela constitue le levain de mon sacerdoce. Parler aux étudiants, leur apprendre des choses, répondre à leurs questions. C’est tout cela qui me passionne dans ce métier. Mais au bout de trois séances, on nous annonça que nous devions rester dorénavant chez nous à cause d’un virus venu de l’Empire du Milieu. Il venait d’envahir le monde entier et le Gabon n’était pas épargné. Ce nouveau coronavirus qui ébranlait les pays industrialisés allait, d’après les experts de l’OMS, décimer des milliers voire des millions d’Africains. Nous attendons toujours cette hécatombe jusqu’à ce jour. Toutefois, par principe de précaution, nous fûmes alors les premières victimes des mesures de riposte contre la COVID-19. Sans vouloir se faire passer pour un dévot de l’école, cette décision m’était insupportable pour la simple raison qu’elle contrariait mes plans. Je voulais terminer mon volume horaire le plus tôt possible afin d’aller longuement séjourner au village vu que je ne l’avais plus fait depuis un an déjà. Je souhaitais revenir à Libreville uniquement pour sortir mon album.

Lorsque l’arrêt des cours fut décrété, je voulus voyager. J’avais envie de passer ce congé obligatoire à Mbwéma, à Oyem. Mais je me disais que la crise n’allait sûrement pas durer et que l’activité devait reprendre son cours normal incessamment. Erreur. Nous fûmes plutôt jetés dans un confinement total pendant deux semaines en avril. En toute franchise, je ne souhaite pas revivre un tel moment pour tout le temps qui me reste sur terre. Car ce fut une période si sombre que je la nommai la saison du blues surtout pour des personnes oisives comme nous. Mon établissement scolaire n’étant pas doté de moyens technologiques nécessaires pour dispenser des enseignements par visioconférence, mon quotidien se résumait alors à lecture, Internet et musique. J’avais proscrit la télévision de mes activités journalières depuis quelques années. J’essayai de faire abstraction de cette résolution durant ce temps de crise. Au bout de quelques jours, je me résolus à faire marche en arrière. La capacité d’abrutissement de ce médium demeurait prégnante et l’itération des informations étranglait. Las, je m’y détournai complètement. Alors, j’amorçai mon enlisement dans un spleen profond. 

Quant aux socionautes, leur bêtise me suffoquait. L’ennui rendait les gens experts en toutes choses. Ils n’épargnaient aucun sujet. Le football n’étant plus diffusé à la télévision, leurs passions avaient besoin de s’exprimer. Mais la bassesse de leur argumentation me torturait. Je commençai par me désabonner de plusieurs pages et groupes, puis ce fut autour de quelques amis de passer à la trappe. Quand j’en ai eu vraiment assez, je désactivai mon compte Facebook. L’enfermement me rendait fou. Je ne souhaitais pas finir dans un asile. Mon cerveau en avait trop subi. Je ne voulais pas l’abêtir plus longtemps. Heureusement, il y avait Whatsapp pour garder le contact avec les proches. Ah ! Ce fut le cas par exemple d’une amie qui avait démissionné quelque temps avant la crise. Nous passâmes des heures au téléphone à discuter de tout et de rien jusqu’au petit matin. Nos discussions abordaient tous les sujets sans pour autant tomber dans le trash. C’était à cœur ouvert que nous parlions et cela opérait une véritable catharsis sur moi. Alors, je ne pouvais plus passer un seul soir sans la contacter. L’échange le plus court durait en moyenne trois heures, car il nous arrivait de commencer à parler à 19 h pour s’arrêter à 6 h. Je ne saurais vous dire ce qui nourrissait une telle loquacité. En tous les cas, j’en suis devenu accro. Et comme l’avait écrit quelqu’un : « L’addiction remplit le vide, en comble illusoirement l’absence de densité. » Cela me procurait un bien-être profond et réajustait l’équilibre de mon moral. Par conséquent, je lui promis qu’à la fin du confinement, la première chose que je ferai ce sera de l’inviter à prendre un verre. Il n’en fut rien. Dès que nous eûmes l’autorisation de sortir de chez nous, je courus enregistrer une énième chanson parce que j’avais reçu d’agréables musiques durant notre enfermement. Quant à mon amie, elle était maintenant prise par un nouvel emploi qui lui prenait beaucoup plus de temps au point de mettre un terme à nos longues et passionnantes conversations nocturnes. Il ne nous restait plus que quelques sporadiques échanges épistolaires.   

Mai et juin furent insipides. Malgré le passage du confinement total à un confinement nocturne, je ne changeai vraiment pas mes habitudes. Mon éternelle hypocondrie reprit le dessus. Les médecins et leur logorrhée morbide ne cessaient de parler de facteurs de comorbidité. Sachant que je présentais quelques-uns des antécédents qu’ils listaient, je pris la décision de ne plus sortir de la maison, sauf à de rares occasions spécifiques. Je ne voulais pas que mon nom apparût dans les statistiques du docteur Obiang. Au bout d’un temps, je trainais une touffe de cheveux qui me donnait l’aspect d’un chanteur de rumba congolaise de la décennie 1970. Je refusais d’aller chez le coiffeur de peur de contracter le fameux coronavirus. Chaque fois je passais devant chez lui, en constatant ma mutation capillaire, il n’hésitait pas à me taquiner. Sans m’en rendre compte, je me claquemurais dans une solitude pour laquelle personne ne m’y avait condamné. Je devenais atrabilaire. Je n’avais plus mon interlocutrice nocturne pour apaiser mes nerfs. Je joutais avec tout impudent qui osait fouler les terres de mes idées. Je ne lésinais pas sur les armes que j’utilisais. C’était parfois des opérations chirurgicales sans anesthésie. Voire un usage immodéré de propos létaux. Je n’avais cure du mal que cela pouvait leur procurer. Certaines de mes victimes m’en veulent encore aujourd’hui. Qu’il m’en excuse, l’instant avait rendu mon humeur bourrue en travestissant mon idiosyncrasie.

Juillet, les cours n’avaient toujours pas repris et ma touffe de cheveux continuait à prendre de l’ampleur. Puis, un matin, on me convoqua à une réunion à l’institut. Je n’avais pas encore vaincu ma peur du coronavirus. Je me demandais comment on allait pouvoir gérer tout le corps enseignant. Pour la simple raison que nous n’y avons pas une salle qui peut contenir tout ce monde en respectant les mesures de distanciation physique. Et en arrivant sur place, nous nous entassâmes dans un espace exigu, mon cœur battait la chamade. C’était la première fois que je me retrouvais en compagnie d’autant de monde depuis le début de l’état d’urgence sanitaire. Je ne quittais pas mon masque. Les allocutions des différents intervenants me paraissaient interminables. Je n’aspirais qu’à sortir de là et prendre le chemin de chez moi. Je me sentais en danger. Lorsque l’on déclina le nouveau calendrier de reprise de cours, je constatai qu’il ne me concernait pas. Tout content, je rentrai à la maison afin de peaufiner le premier single de mon album qui allait être dévoilé quelques semaines plus tard.

Photo prise lors de notre villégiature au Woleu-Ntem

Photo prise lors de notre villégiature au Woleu-Ntem

En août, j’avais enfin bouclé l’enregistrement de mon album. Les derniers intervenants avaient posé leur voix. J’avais maintenant envie de passer à autre chose, de me changer les idées, d’aller visiter d’autres contrées. L’ambiance carcérale dans laquelle je baignais depuis cinq mois me sortait par les narines. À cette époque, le Grand Libreville n’était plus confiné. On autorisait les gens à voyager, mais à condition de présenter un test négatif à la COVID-19. Alors, je me joins à un des frères et nous partîmes en villégiature dans le Woleu-Ntem, excepté à Médouneu. Nous n’avons pas eu le courage d’affronter cette route. Par contre, nous visitâmes Minvoul, ma ville natale. Après l’avoir quittée à l’âge de deux ans, c’était la première fois que j’y mettais les pieds. Durant ce séjour, nous profitâmes à faire un tour à la frontière du Cameroun par le village Kome. Mais pendant que nous prenions des photos au niveau de la rivière qui sépare les deux pays, un gendarme apparut à vive allure sur une moto pour nous chasser de là tels des malpropres. Il nous expliqua que pour des raisons de crise sanitaire, nul n’avait le droit de traverser la frontière ou même de s’en approcher. En rentrant en ville, mes excès de table nous obligèrent à nous arrêter en pleine forêt pour que je pose culotte dans les buissons. La gloutonnerie est un défaut, mais refuser la nourriture d’une personne qui vous l’offre avec tant d’affection est une offense. Car dans chaque maison, nous étions systématiquement reçus avec une succulent plat de silures ou de viande de gibier fraîche.

Après Minvoul, nous avons également visité Bitam, malheureusement, nous n’avions pas pu profiter pleinement des atouts de cette belle localité, faute de guide. Ce n’était pas la première fois que j’y mettais les pieds. J’y étais déjà à plusieurs reprises durant mes années lycée à Oyem. On y allait pour des prestations artistiques. Cette fois-ci avec mon frère, on voulait faire une virée à Kye-Ossi ou au Mondial, mais la crise de la COVID-19 est passée par là. Nous étions obligés de faire demi-tour au niveau d’Eboro (le dernier village du Gabon avant le Cameroun). À Oyem, nous avons joui d’une vitalité que nous avions perdue à Libreville. Là-bas, le coronavirus était perçu comme une affaire de gens de Libreville. Peu de personnes portaient les masques. Quelques établissements nocturnes ouvraient et ils jouaient de la musique à plein régime. Toutefois, à certains moments, il arrivait qu’un quarteron de policiers ou de gendarmes zélés vienne jouer les trouble-fêtes. Mais le lendemain, le processus reprenait son cours normal au grand plaisir des habitués des lieux. Quant à Mitzic, nous n’eûmes pas la chance d’avoir un bon contact sur place pour nous montrer la ville. Toutes les personnes que nous avions contactées étaient revenues à la capitale. Nous nous sommes donc contentés d’une longue escale pour prendre quelques provisions et jeter un coup d’œil au marché. Comme dans toutes les autres localités que nous avions visitées, on s’y restaura pleinement.

Visuel de l'album Agneng Zoa

Visuel de l'album Agneng Zoa

Début septembre nous voilà de retour à Libreville avec des kilogrammes en plus. Nos différentes agapes nous ont laissé un léger embonpoint. Nous étions devenus un peu pansus. Nous étions conscients de ce risque, mais comment refuser un plat que l’on vous sert sans que l’on vous demande votre avis ? Je me plaisais à dire : « certains vont au village pour se reposer, d’autres y vont pour manger ». En ce qui nous concerne, notre état physique avait la réponse à la question de celui qui aurait voulu connaître l’objet de notre villégiature. Il ne nous restait alors qu’à reprendre le sport et pour moi, boucler mon album, c’est-à-dire la phase du mixage et du mastering. Comme je n’avais pas encore repris les cours, j’avais du temps libre pour aller au studio chaque matin afin d’y travailler avec l’ingénieur de son. En ce temps, le couvre-feu commençait à 20 h. Rentrer chez moi en fin d’après-midi relevait du parcours du combattant. Les embouteillages qui gangrènent cette partie de la ville décourageaient plus d’un chauffeur de taxi. Par conséquent, il fallait leur proposer le maximum tout en grevant considérablement mon budget transport.

En octobre, mon album était enfin prêt. Je l’avais envoyé aux différents distributeurs numériques. Nous avions même convenu d’une date de sortie. Cela coïncidait avec la reprise des cours à l’Institut. En effet, on m’avait appelé afin d’aller boucler le deuxième semestre que nous avions suspendu en mars. Et quand je remis les pieds en classe, mon enthousiasme contrastait avec le peu d’allant que présentaient les étudiants. On voyait le masque de la fatigue sur leur visage. Parfois, une bonne dizaine dormait. D’habitude, j’aurais perçu cela comme une sorte de désinvolture, mais je les comprenais. Sept mois de repos suffisent pour vous faire passer l’envie d’écouter quelqu’un vous parler de disruption, d’innovation ou de datamining pendant quatre heures un lundi matin. Mais nous n’avions pas le temps. Il fallait impérativement finir le programme. Ce ne fut pas une sinécure. Charcuter un enseignement afin de s’arrimer aux nouvelles contraintes temporelles relevait du génocide intellectuel que j’ai souventefois dénoncé dans mes chansons.

En novembre, après avoir déposé le relevé des notes, je revins à la maison et la seule préoccupation qui hantait mes nuits était la sortie imminente d’Agneng Zoa. J’étais quasiment seul à piloter ce projet. Car je suis mon propre producteur, manager, imprésario, attaché de presse, community manager, etc. La pression devenait plus grande. Heureusement que j’avais ma Cellule Invisible. Mes amis de longue date qui m’épaulent dans tout ce que j’entreprends. Avec eux, nous avions donc planifié les choses afin que cet album ait un écho différent des précédents projets que j’avais sortis en groupe. Pour cela, nous avions réfléchi sur l’organisation d’une sortie une conférence de presse. Et grâce au relationnel de l’un d’entre eux, nous avions contacté le propriétaire d’un pub qui avait bien voulu nous céder son établissement pour cet événement. Il ne restait plus qu’à contacter les médias et à promouvoir le second clip que je venais de publier.  

Samedi 5 décembre à 0 h, mon album était en ligne. Mon cœur débordait d’allégresse. J’avais enfin réalisé ce projet que j’avais abandonné, en 2012, pour me concentrer sur le duo que je forme avec Andgo. Je me souvenais de mes premières heures de rap à Oyem, dans mon village, quand on me tressait comme X-Zibit dont j’étais fan. Je me suis rappelé tout mon parcours. J’étais fier de moi-même. D’aucuns diront que c’est de l’autocongratulation, mais pour en arriver là, j’avais fait montre de patience et de volonté inflexible. Ce soir, j’étais également content parce que je venais de gagner mon pari pour 2020. Un album dans lequel je rappe entièrement en fang, je l’avais promis et il venait de sortir. Cette nuit, je discutais avec mon amie comme nous avions maintenant pris l’habitude de le faire un vendredi soir sur deux. Elle moqua ma barbe hirsute et mes cheveux en bataille. Elle ne comprenait pas pourquoi je n’étais pas déjà passé chez le coiffeur. Je lui répondis que nous avions rendez-vous en matinée. Elle me rappela qu’il n’était pas sage de faire les choses à la dernière heure. Car nul n’est à l’abri d’un empêchement qui sapera tout le programme. Pour l’occasion, elle prononça même quelques mots en fang, ce qu’elle ne faisait jamais. Je trouvai cela fort sympa. Vers 1 h, notre conversation s’arrêta parce qu’elle commençait à ressentir la fatigue accumulée durant sa semaine de travail. Quant à moi, je ne trouvai toujours pas le sommeil. Je déambulais sur Internet tout en écoutant Agneng Zoa. Ce n’est qu’à 4 h que je puis m’endormir pour me réveiller à 7 h.

Photo prise après la conférence de presse

Photo prise après la conférence de presse

Après avoir publié quelques contenus sur mes différents comptes sur les réseaux sociaux, je pris une douche puis je me précipitai chez mon coiffeur. Quand j’arrivai devant son local, je constatai que l’établissement était clos. Et en lui téléphonant, il me répondit qu’il avait une forte gueule de bois consécutive à une soirée bien arrosée. Qui remet à demain trouvera le coiffeur fermé, me dis-je. L’autre coiffeur que je connaissais travaillait dans un quartier situé aux antipodes du nôtre. Comme il n’y avait pas trop d’embouteillages ce jour, je pris le risque de m’y rendre. Mais chez ce dernier, il y avait un monde fou devant moi. Je ne voulus pas bénéficier d’un passe-droit. Alors avec un ami qui était venu à ma rencontre, nous nous mîmes à appeler les gens afin d’avoir une adresse. Une fois que cela fut réglé, il ne nous restait plus qu’à aller faire la mise en place du matériel de diffusion en direct de la conférence de presse sur Facebook et YouTube. Malheureusement, comme à son habitude, la compagnie d’électricité venait de faire montre de sa légendaire incapacité. Nous attendîmes de longues heures. Les premiers invités étaient déjà là. À l’heure prévue pour le début de la conférence, nous n’avions toujours pas de courant. Certains journalistes s’impatientaient et d’autres nous pressaient de trouver une solution. Nous étions un peu dos au mur. Soudain, la lumière revint et c’était un réel de soulagement. Sans autres formes de protocole, nous commençâmes la cérémonie et les échanges furent très riches d’enseignements. Nos propos étaient vifs et courtois. Par ailleurs, je fus agréablement surpris par le nombre de personnes dans la salle. En partant de chez moi ce matin, je craignais de parler dans un espace clairsemé, car beaucoup m’avaient annoncé leur indisponibilité à venir m’assister.  

Il nous reste 17 jours pour dire au revoir à cette année que personne n’oubliera. Beaucoup ont connu la fortune grâce à cette crise et d’autres ont fait faillite. Nombreux seront ceux qui vont écrire cette année dans le panthéon des pires années de leur vie. Je ne vais pas mentir en disant que j’en ferai partie. S’il est vrai que le couvre-feu qui dure depuis neuf mois m’irrite au plus haut point et le fait de subir les injonctions répétitives de quelques troufions malpolis quand on a oublié de porter son masque me dérange, mais cette année a été particulièrement agréable pour moi. Car entre mon voyage au village et la sortie de mon album, j’ai passé de bons moments. Je ne suis pas beaucoup sorti, mais les rares fois que je l’ai fait ce fut une joie indicible. Toutefois, j’ai abandonné mon blog ; je n’ai presque pas donné cours ; j’ai traversé une période lovée dans une maussaderie consubstantielle au confinement ; j’ai fait l’holocauste de certains plaisirs. Quant à mon cœur, je l’ai ouvert et il n’a point trouvé de résidente. Par conséquent, dites à mes anciennes amitiés érotiques que je n’ai pas changé de numéro de téléphone. L’année n’est pas finie. Et à ceux qui perçoivent du tribalisme dans ma démarche à sortir un album entièrement en fang, rappelez-leur que je pense comme Georges Courteline : « Passer pour un idiot aux yeux d’un imbécile est une volupté de fin gourmet ».

Je vous souhaite de passer une agréable fin d’année et meilleurs vœux pour l’an 2021. N’oubliez pas de télécharger et d’écouter mon album, Ageng Zoa. C’est pour la culture.

Télécharger Agneng Zoa                     Ecouter Agneng Zoa

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